C'est dans ce département rural que la limitation de vitesse à 80 km/h touche le plus grand nombre de kilomètres de route. La mesure est très mal perçue par la majorité de la population, et par les élus.

Au 1er juillet, la limitation passera de 90 à 80 km/h sur les routes à double sens sans séparateur central.
Au 1er juillet, la limitation passera de 90 à 80 km/h sur les routes à double sens sans séparateur central. © AFP / Sébastien Bonzon

10 971 kilomètres de routes sont concernés par le passage de 90 à 80 kilomètres par heure en Dordogne. C'est donc dans ce département que ce changement de limitation de vitesse va être le plus fortement ressenti.

La D939 est l'une des 10 voies de Dordogne les plus meurtrières entre 2006 et 2015, selon Claude Got, auteur du site securiteroutiere.org
La D939 est l'une des 10 voies de Dordogne les plus meurtrières entre 2006 et 2015, selon Claude Got, auteur du site securiteroutiere.org © Radio France / Delphine Evenou

Les usagers

Le collectif Colère 24 et la Fédération française des motards en colère 24 sont furieux, et y voient une mesure imposée par Paris sans considération de la situation locale. Ces deux mouvements contestent les études qui prouvent qu'une diminution de la vitesse permet de sauver des vies.

Les élus

Le Premier ministre Edouard Philippe, en annonçant cette mesure en janvier, expliquait espérer éviter 300 à 400 morts chaque année sur les routes françaises. Il a publié mi-juin un décret pour acter l'entrée en vigueur de cette mesure au 1er juillet, avec une expérimentation de deux ans. 

Mais les élus locaux déplorent une absence de concertation avec le terrain, sur un changement qui va modifier les conditions de vie, notamment en Dordogne où la voiture est quasiment le seul moyen de transport. Dans le département, le changement des 137 panneaux "90 km/h" va coûter 24 000 euros. 

Les accidentés de la route et leurs soignants

En Dordogne, trouver un partisan de l'abaissement de la vitesse à 80 km/h sur le réseau secondaire est une mission quasi impossible. Y compris parmi les accidentés de la route, blessés dans un choc du à la vitesse, sont sceptiques. 

Au centre de rééducation et de réadaptation fonctionnelle de La Lande à Annesse-et-Beaulieu, près de Périgueux, le Docteur Nicolas Fons et son équipe soigne chaque année une dizaine d'accidentés de la route comme Maryse. Le Dr Fons admet la véracité du lien entre la vitesse au volant et la gravité des blessures, mais il ne veut surtout pas que le débat actuel sur la vitesse fasse oublier les autres facteurs d'accidentalité comme les infrastructures routières, la qualité et la sécurité de la route. 

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