Et si on s'inspirait du modèle allemand : cours le matin et sport l'après-midi ? A la rentrée, Luc Chatel, le ministre de l’Education, lancera une nouvelle expérience : dans une centaine d'établissements, une classe bénéficiera de trois à quatre après-midi de sport par semaine. Il s'inspire du modèle lancé en janvier au lycée Jean Vilar à Meaux. Une classe de seconde vit à l'heure allemande, une expérience unique en France. Direction la base de loisirs de Jablines en Seine-et-Marne. Les élèves découvrent la voile sous la houlette de Nicolas Ayé, professeur d'éducation physique. Et ça commence par un point météo (interview). Autour de lui, sur le ponton, des élèves équipés de leur gilet de sauvetage. Très attentifs. Objectif : monter les voiles (interview). Chaque après-midi, les élèves pratiquent des activités parfois étonnantes : boxe, lutte, escrime. Mais pour que les élèves se défoulent comme ça tous les jours, il a bien sûr fallu l'accord des parents. Nathalie, une maman d'élève, a accueilli le projet avec une certaine réserve (interview). EPS, activités de découvertes et de détente, est ce que cela ne rogne pas sur les heures de cours ? Les élèves ne perdent aucune heure de cours fondamentaux. Ils ont classe de 8h30 à 13h30 avec une pause déjeuner à 10h30. Les premières semaines, les parents ont constaté qu'à 18 heures, leur enfant rentrait affamé et se jetait littéralement sur le réfrigérateur. Le lycée propose donc des goûters en plus car s'adapter à l'horaire très décalé du déjeuner, c'est probablement ce qui a été le plus compliqué pour les élèves comme l'explique Léa (interview). Ce nouvel emploi du temps a engendré un profond bouleversement des habitudes. Pour instaurer un tel aménagement, il faut bien sûr l'adhésion de l'équipe pédagogique, elle a complètement adhéré au projet. Mais tous les élèves n'ont pas le profil pour s'adapter à un tel emploi du temps. Il faut qu’ils soient très autnomes dans leur travail scolaire. Quel est l’intérêt de cette expérience ? C'est bien sûr de voir l'impact sur les résultats scolaires. Et c'est la très bonne surprise pour le proviseur Bernard Lociciro. Sur les dix classes de seconde de son établissement, c'est la classe qui progresse le plus (interview). Beaucoup de positif visiblement… Mais le gros point noir, c'est vraiment l'horaire du déjeuner à 10h30. Cela devrait être corrigé dès la rentrée prochaine. Les élèves prendront leur repas à 11h30. Deuxième point négatif et c'est très important à cet âge là, leurs horaires les empêchent de rencontrer les autres élèves du lycée : la classe n'a pas de récréation et vit un peu en vase clos,ce que regrette Novli (interview). A la rentrée, l'expérience va donc être étendue à une centaine de classes dans plusieurs académies. Sur le papier c'est bien, quand on sort la calculette on s'interroge. Chaque établissement bénéficiera d'une enveloppe de 5000 euros pour payer les transports par exemple. Mais tous ne bénéficient pas d'installations sportives suffisantes pour accueillir un tel programme. _____ Un reportage d’Emmanuelle Daviet.

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