Les syndicats des inspecteurs du travail ont déposé un préavis de grève illimité qui prend effet aujourd’hui. A ce jour, première action prévue : la Grève nationale le 3 avril. Trois ans après le meurtre de 2 inspecteurs en Dordogne, par un agriculteur, le climat est toujours tendu. Elément déclencheur cette fois : 4 candidats à la fonction ont été recalés après 18 mois de formation. Du jamais vu assurent les syndicats qui ne comprennent pas la décision du jury et qui accusent le ministère du travail de vouloir tout simplement maintenir la pression. Symbole surtout de toute une profession qui va mal. Il en fallait peu pour les mettre en colère, les inspecteurs du travail : sous-effectifs, manque de moyens, insécurité malgré le plan Larcher mis en place après les meurtres en Dordogne. Un plan qui s'étale sur 4 ans et qui ne suffit pas selon les syndicats : au total, 2 300 inspecteurs du travail en France, pour 14 millions de salariés. On reste en deçà de la moyenne européenne. L'histoire de ces 4 élèves recalés, l'histoire de trop. Luc Beal-Rainaldi représente le SNU-FSU (interview). Alors petit rappel : les inspecteurs du travail luttent contre le harcèlement moral, les discriminations en tout genre, le travail clandestin, les emplois du temps surchargés. Bref, ce sont les garants en quelque sorte du code du travail. Un métier de plus en plus difficile dans un monde de plus en plus libéral. Pierre Cottelle est du syndicat Sud, tout récemment titularisé inspecteur du travail (interview). Conséquence directe : résurgence des violences, en progression depuis un an. 72 inspecteurs agressés en 2007. C'est 2 fois plus qu'en 2006. Témoignage d'une inspectrice, 39 ans, qui travaille en région parisienne depuis 10 ans. Témoignage anonyme, car les inspecteurs du travail sont soumis à une obligation de réserve. Elle a bien connu quelques frayeurs dans certaines fermes isolées en campagne mais le pire, selon elle, c'est bien souvent dans les grandes entreprises qui ont pignon sur rue (interview). Tout ça sur fond de démantèlement du ministère du travail, prévu par la révision générale des politiques publiques. Autrement dit : comment faire des économies dans la fonction publique ? Les inspecteurs du travail s'inquiètent pour leur avenir et celui de tous les salariés. Exemple avec Sylvie Denoyer, secrétaire générale CGT (interview). C'est dans ce contexte que, phénomène rarissime, 4 élèves ont donc été recalés après avoir passé un concours et suivi 18 mois de formation. Incompréhensible pour les syndicats des inspecteurs du travail, bien décidés cette fois à ne pas se laisser faire. Une enquête d’Hélène Roussel.

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