L’enquête a été dirigée par la Brigade Nationale de Recherche des Fugitifs avec la PJ de Dijon et, notamment, le RAID. Les enquêteurs ont travaillé à temps plein pendant 74 jours. Le chef de la Brigade de Recherche raconte comment ils ont procédé pour retrouver Jean-Pierre Treiber. Le soir de l'évasion, au 5ème étage du bâtiment de la DCPJ à Nanterre, là où se trouve la brigade de recherche, des policiers montent une cellule de renseignement pour commencer à filtrer les quelques 200 signalements qui vont tomber de droite et de gauche y compris du village de Breau, en Seine-et-Marne, qui deviendra le carrefour de l'enquête. Les policiers ciblent également une dizaine de personnes capables d'apporter un soutien logistique. La brigade de recherche des fugitifs, dirigée par Philippe Chadrys, ne cherche pas Jean-Pierre Treiber dans les fourrés (interview). Mais les pistes sont savoneuses. Le Raid rate le fugitif, la presse publie les images d'une caméra de surveillance cachée à Breau. Mi-octobre, les enquêteurs ont grillé deux cartouches majeures. C'est la 3ème piste qui sera la bonne. 18 octobre : l'une des surveillances est renforcée. Elle cible un ancien collègue du fugitif, Michel Huys, qui a un étrange comportement avec deux de ses amis. Alors qu'on est en pleine campagne en Seine-et-Marne, les trois hommes parlent au téléphone de façon codée. Ils se déplacent de nuit très tard. Ils changent de voiture. Ils font très attention. Et pour cause, Jean-Pierre Treiber est hebergé dans la ferme de Michel Huys, protégée sans le savoir par le terrain qui complique la tâche des enquêteurs (interview). Début novembre, les policiers ont la certitude que le petit groupe placé sous surveillance protège Jean-Pierre Treiber. D'après les dépositions des mis en examens, il est conduit à Melun le 8 novembre, le matin, caché sous une couverture, dans la voiture de Michel Huys, qui est précédée par une voiture ouvreuse. Mais il faut attendre mercredi de la semaine dernière pour commencer à remonter la piste de l'appartement, où a été retrouvé Treiber. C'est dans la soirée. Michel Huys et Régis Charpentier font un passage d'une demie heure, dans un immeuble du 30 rue Dajot. Le lendemain, les policiers découvrent qu'au millieu des 80 appartements, il y a celui d'une Mademoiselle Charpentier, fille d'un des suspects, qui n'habite plus dans ce logement. Pour autant, les hommes de Philippe Chadrys ont besoin de certitude pour intervenir (interview). La décision est prise le vendredi à 15h50, dans le bureau de Philippe Chadrys, un élément en plus. Les enquêteurs sentent qu'il y a de la fébrilité du côté des suspects. Ils sont en train d'essayer de monnayer les droits de la cavale avec des maisons d'édition et ils ont peur d'échouer. Les policiers craignent qu'ils ne déplacent leur protégé. 16h05, Régis Charpentier est arrêté. Les enquêteurs lui demandent s'il cache Jean-Pierre Treiber. Il répond oui. Le RAID est alors envoyé dans les étages de l'appartement. C'est la fin d'une traque hyper médiatisée, avec une pression énorme sur les policiers qui on dû, à partir d'un moment, faire des rapports tous les jours à la hiérarchie. Le ministre de l'intérieur fait d’ailleurs savoir qu'il va les recevoir aujourd'hui. Mais l'arrestation n'est pas un point final. Reste un mystère autour de Jean-Pierre Treiber (interview). Cette enquête dans l'enquête est confiée à une juge d'instruction à Auxerre. _____ Un dossier signé Etienne Monin.

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