Suisse
Suisse © CC Nouhailler

France Inter s’intéresse ce mardi à cette votation anti-riches prévue dimanche chez nos voisins helvétiques. Un référendum à l'initiative des partis de gauche pour dire stop aux privilèges fiscaux des millionnaires étrangers qui résident en Suisse.

Aujourd'hui en Suisse, un riche étranger qui ne travaille pas, ne paie pas d'impôts, ni sur ses revenus ni sur sa fortune. Il est imposé sur son train de vie, plus il dépense, plus sa note fiscale est élevée, un système qui reste très avantageux pour les grandes fortunes, c'est le forfait fiscal. Mais ce système est de plus en plus critiqué en Suisse.

Le débat s'est même invité chez nous le temps d'une finale de coupe Davis. A cette occasion la France s'est rendue compte que ses tennismen ne vivaient pas dans l'Hexagone mais en Suisse. Sportifs, artistes, ou anciens patrons, au total, plus de 5 600 étrangers bénéficient du forfait fiscal car ils n'ont aucun revenu en Suisse.

Mais aujourd'hui, ces privilèges ne seraient plus justifiés selon Magalie Orsini, la patronne de la gauche de la gauche à Genève

La moindre des choses c'est qu'ils payent les mêmes impôts que les Suisses

Cet argument de bon sens et de justice fiscale, Serge Dal Busco le balaie d'un revers de main. L'homme chargé des finances du canton de Genève est, disons plus pragmatique. Les 700 contribuables soumis au forfait fiscal dans son canton lui apportent chaque année plus de 100 millions d'euros. Et ils ne couteraient rien aux finances publiques.

Serge Dal Busco

Ces gens n'utilisent pas le système social et mettent leurs enfants dans les écoles privées

La poule aux oeufs d'or suisse ?

Au total, ce régime fiscal rapporte au pays près de 700 millions de francs suisses par an, soit 600 millions d'euros. Si l'on ajoute la TVA et tout le mécénat assuré par ces grandes fortunes, les recettes dépassent le milliard d'euros. Une poule aux œufs d'or pensez-vous ? Et bien pas vraiment car cela ne représente même pas 1% du total des recettes fiscales de la Suisse.

En revanche, abolir ces forfaits fiscaux porterait un coup certain à l'économie du luxe et surtout à l'image de la Suisse dans le monde. Le pays perdrait sa réputation d'eldorado pour riches. Et c'est bien ça le plus grave selon le patronat. Pour lui, cette votation serait symptomatique d'une chasse aux riches qui s'installe petit à petit en Suisse. Et la suisse serait à un tournant.

Pierre Kossler, grand architecte genevois, travaille pour plusieurs grosses fortunes

Pas simple en tout cas de faire témoigner ces millionnaires. Nous en avons sollicité quatre, aucun n'a voulu répondre à nos questions. Alors nous sommes allés voir leur avocat fiscaliste.

Philippe Kenel

Ce sont des gens qui adorent la Suisse, mais si elle n'est pas attractive fiscalement il partiront

Pour lui, supprimer le forfait fiscal alors que le secret bancaire est en train de mourir, précipiterait la Suisse en seconde division des pays les plus attractifs. Une relégation qui ne profiterait pas à la France mais à ses voisins.

Philippe Kenel

On est entourés de pays qui ouvriront le champagne si on vote oui le 30 novembre

Qu'il se rassure, le non devrait l'emporter selon les derniers sondages. A cinq jours du vote, seuls 42% des suisses se prononceraient pour la suppression du forfait fiscal.

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