Il y a 2 ans, quasiment jour pour jour, c’était le début de trois semaines de violences urbaines dans les banlieues françaises. L'état d'urgence avait été déclenché. L'envoi de soldats parfois évoqué. Depuis, l'armée a choisi de s'investir dans un rôle plus pacificateur et met l’accent sur le recrutement dans ces quartiers. Le ministère de la défense est le premier recruteur de France avec 30.000 postes proposés chaque année, de sans-diplômes à bac +5. Et les militaires ont décidé de faire un effort particulier dans les banlieues. Exemple dans le tout nouveau centre de recrutement de l'armée de terre des Ulis, dans l'Essonne, premier entretien pour un candidat (extrait). Le centre des Ulis est installé au pied des bars d'immeubles, au coeur de la cité, condition sine qua none du succès pour le Major Crepa, chef du centre (interview). Les motivations de ces jeunes sont l'aventure, sortir de leurs cités, mais surtout, pour plus de la moitié d'entre-eux, obtenir une formation, une première expérience professionnelle et un emploi - même si les contrats n'excèdent pas 5 ans renouvelables. Et puis il y a l'exemple des copains déjà engagés. C'est le cas de Pierre (interview). Kante, lui, habite à Epinay-sur-Seine. D'origine malienne, naturalisé depuis 4 mois, il ne trouve pas d'emploi avec sa licence de géographie. Il a poussé la porte du centre de recrutement de Saint-Denis, un peu par défaut (interview). 50% de ceux qui se présentent sont sans diplômes. Beaucoup ont un CAP ou un BEP. Mais les recruteurs manquent cruellement de jeunes capables de devenir officiers comme Kanté. C'est pourquoi, le ministère de la défense vient de présenter un plan égalité des chances avec une série de mesures destinées notamment à améliorer l'accès des jeunes de milieu modeste aux formations militaires - comme la prestigieuse école d'officiers de Saint-Cyr - des jeunes originaires des banlieues comme des campagnes. Un plan porté par Benamar Benzemra, conseiller principal d’éducation et réserviste local à la jeunesse et à la citoyenneté (interview). A peine plus de 10 % des jeunes rompent leur contrat dans les 6 premiers mois. Un dossier de Stéphane Fort.

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