Le congrès du Labour, le parti travailliste britannique, a débuté hier à Manchester. Il se tient jusqu’à jeudi. Un congrès particulièrement attendu cette année car ce sera le dernier de Tony Blair en tant que Premier ministre. Un Congrès qui arrive aussi 2 semaines après une fronde dans laquelle Tony Blair a perdu une partie de son autorité. Alors, va-t-on assister à de nouveaux déchirements ? Tout est possible, mais à priori non, et pour deux raisons. La première, c’est que Gordon Brown a obtenu ce qu’il voulait, l’assurance du départ de Tony Blair, même s’il n’a pas obtenu de date. Ensuite, parce que chacun a intérêt à ce que les choses se calment. Blair pour ne pas rater sa sortie. Et Brown pour ne pas hypothéquer sa succession. Anne Stevens est enseignante en sciences politiques à l’université de Birmingham. Et elle penche plutôt pour cette théorie (interview). Alors ce lundi sera la journée de Gordon Brown. Le discours du chancelier de l’échiquier sera un moment clé du congrès cet après midi. Plus qu’un discours d’ailleurs, ce sera un examen de passage. Michaël Bynion, journaliste au "Times" en est convaincu (interview). Convaincre c’est une chose. Mais il lui faudra aussi avoir le soutien des Blairistes. Tony Blair demain à la tribune l’adoubera-t-il ? Il y a peu de chances à priori, parce que l’incertitude est un des derniers moyens de pression dont il dispose sur Gordon Brown. Peut être aussi, parce qu’il n’a pas envie de lui faire ce cadeau pour l’instant. Hier la BBC l’a interrogé sur le sujet. Et écoutez la façon dont il a répondu. Cela paraît extrêmement clair (son). Alors en admettant qu’on resserre les rangs et que l’alternance se fasse en douceur, Tony Blair peut-il pour autant réussir sa sortie ? C’est vrai qu’on a vu Tony Blair rebondir de nombreuses fois, mais cette fois ci, difficile de le croire. Lui est convaincu qu’il a des réformes à terminer sur le système de santé, les cartes d’identités, et il est persuadé qu’il peut encore prendre une initiative au Proche Orient. Mais on constate quand même : 1 : que la magie Blair n’opère plus. Et que, 2, rester serait risquer de devenir responsable des mauvais résultats électoraux qui guettent les travaillistes au printemps prochain. Ecoutez Jonathan Finby, à ce sujet. Il est chroniqueur au journal « The économist ». Lui ne croit plus à une sortie honorable de Tony Blair (interview). Enfin, un chiffre, extrait d’un sondage paru dans le Guardian : 70 des britanniques ne veulent plus des travaillistes. Et dans les cas de figure, ils préféreraient David Cameron, le jeune chef de file des conservateurs, à Gordon Brown comme premier ministre. Un dossier de Jacques Monin, correspondant à Londres en Grande-Bretagne.

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