La crise politique, dans laquelle la Belgique est à nouveau plongée depuis une semaine, trouve son origine dans les six communes flamandes qui entourent BRUXELLES, mais où les francophones, qui sont majoritaires dans la population, disposent de ce qu'on appelle des facilités, c'est-à-dire de pouvoir traiter avec l'administration et la justice en français, d'élire des candidats francophones, et de scolariser leurs enfants dans la langue de MOLIÈRE. Ces facilités sont vieilles de cinquante ans - c'était le prix à payer par les Flamands pour que les francophones acceptent la division du pays par une frontière linguistique. Mais aujourd'hui, les Flamands veulent faire disparaître ces facilités et multiplient les tracasseries et les tentatives d'intimidation, comme la perturbation des conseils municipaux - où, d'ailleurs, les élus francophones sont tenus de se parler en néerlandais - et le refus de nommer officiellement les bourgmestres, pourtant désignés au suffrage universel. Joana HOSTEIN a passé sa journée d'hier dans l'une de ces communes à facilités - donc à problèmes. Et elle s'est notamment promenée à la brocante annuelle de l'École de La Fermette dans cette commune de WESEMBEEK-OPHEM, où Yves HORTMANS tenait une échoppe (interview). Les Flamands de cette commune résidentielle, eux, s'élèvent contre le refus des francophones d'apprendre leur langue. Marie DE BROEK est une jeune mère de famille (interview). Certains francophones se montrent fatalistes et si la situation devait s'envenimer davantage, ils déménageraient, comme l'envisage Jacques LEGRAND (interview). Le Dr Jan WALRAET, conseiller municipal, est le porte-parole de la minorité flamande (interview). Élu depuis quinze ans au conseil municipal, le bourgmestre attend depuis trois ans d'être officiellement reconnu comme tel. François van HOOBROECK d'ASPE (interview). Une situation alors malgré tout sans issue ? Pas pour tout le monde : à soixante-dix-sept ans, Christine BOSSUYT en a vu bien d'autres, et elle n'est pas seule à penser que la source de tous les malheurs du Royaume, ce ne sont pas les citoyens, mais la classe politique (interview). ___Un reportage de Quentin Dickinson et Joana Hostein.

Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.