Le réacteur n°4 de la centrale de Tchernobyl en 2009
Le réacteur n°4 de la centrale de Tchernobyl en 2009 © cc / Wanrouter

Il y a 30 ans, le réacteur quatre de la centrale de Tchernobyl en Ukraine explosait, provoquant l’une des plus graves catastrophes nucléaires de l’histoire. Aujourd’hui encore, l’Ukraine va honorer la mémoire des pompiers et soldats qui se sont battus pour contenir la contamination radioactive. Mais 30 ans après, le danger est toujours là, 2 millions de personnes vivent encore dans des territoires contaminés et font l’objet d’un suivi médical particulier.

La reporter spécialiste de l'environnement Anne-Laure Barral s'est rendue dans un dispensaire chargé de ce suivi au nord de Kiev :

Dans son cabinet à la peinture défraîchie, le docteur Bayarska ausculte Bogdana, une petite fille qui vit a 50 km de la centrale de Tchernobyl

Elle mange mal, elle vomit régulièrement, elle ne prend pas assez de poids. On voit d’ailleurs qu’elle a le teint très pale et les yeux creusés, dit le médecin en auscultant Bogdana, sept ans.

Chaque année4 000 enfants passent par ce dispensaire . Ils vivent dans des zones où, il y a trente ans, le nuage radioactif a laissé sa trace dans l’eau, dans le sol. Trente ans plus tard, la contamination des habitants continue.

Chez ceux qui ne mangent que ce qui pousse dans leur jardin, et qui viennent de régions assez éloignées, on voit la présence assez marquée du césium dans leur corps

Il y a 30 ans, Tchernobyl
Il y a 30 ans, Tchernobyl © Visactu

Devant une telle catastrophe sanitaire, pourquoi les familles n'ont-elles pas fui la zone?

Pour Natalia, la mère de Bodgana, pas question de partir de son village !

C’est un très bel endroit entouré de forêts. Pourquoi partir? Bien sur qu’on s’inquiète pour la santé de nos enfants c’est bien naturel. On ne mange pas de fruits de la forêt ou de champignons, mais juste ce qu’on cultive dans notre potager.

Les examens et les médecins du dispensaire sont payés par l’État. Mais se rendre à ces visites médicales à un coût élevé. Elle n’a d’ailleurs pas pu emmener ses enfants à la visite annuelle l'an dernier .

Reportage d'Anne-Laure Barral

Carte retombées radioactives Tchernobyl
Carte retombées radioactives Tchernobyl © irsn

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