Cette année 2005 mérite le titre d’ « Annus horribilis » pour George W. Bush. Parti d’une position de force exceptionnelle après sa réélection de novembre 2004, il a du affronter crise sur crise et en ressort affaibli pour attaquer 2006. L’année 2005 n’a été qu’une longue glissade dans les sondages pour le Président Bush. Un an exactement après sa réélection, en novembre, il a atteint sa cote de popularité la plus basse en cinq ans : 36% d’approbation. Même s’il est remonté à 40% ces dernières semaines, cette année restera la plus difficile de sa présidence. Carol Doherty, directeur des études de l’institut Pew Center. Peu de bonnes nouvelles en effet tant sur le plan de la politique intérieure qu’internationale. George Bush a du faire marche arrière sur la privatisation des retraites. Il a du retirer la nomination d’une de ses protégées à la Cour Suprême. Un des ses conseillers a été inculpé. Mais surtout, il a été contraint de changer de ton sur la guerre en Irak, pour ne pas faire perdre aux Républicains leurs sièges au Congrès lors des élections de novembre 2006. Le débat n’est plus de savoir SI les Etats-Unis retireront leurs troupes, mais QUAND ils feront. Un basculement irréversible, selon Larry Sabato, directeur du centre d’études politiques de Virginie. La campagne de communication de la Maison Blanche aurait atteint son but. 46% des Américains approuvent aujourd’hui sa politique irakienne contre 36% en novembre. Selon Ken Weinstein, un néo-conservateur, le Président Bush a réussi à redresser la barre. L’autre grand tournant de 2005 reste l’ouragan Katrina et l’incapacité de l’administration Bush à organiser rapidement les secours. Ce n’est pas un hasard si George Bush a sombré au plus bas dans les sondages juste après Katrina. L’abandon de milliers de personnes à la Nouvelle Orléans l’a touché là où il semblait le plus solide. C’est ce qu’ explique le politologue, Larry Sabato. Le Président Bush a néanmoins marqué des points : il a nommé un juge conservateur à la tête de la Cour Suprême, l’économie a repris avec 3,5% de croissance, 70% des Irakiens sont allés voter... Mais en même temps, il a du affronter les Républicains qui essaient de prendre leurs distances avec les aspects les plus controversés de sa politique comme la torture, les prisons secrètes de la CIA, les écoutes illégales.... La Maison Blanche est-elle entrée dans l’ère du soupçon ? Réponse de Nicolas de Boisgrollier, chercheur à la Brookings Institution George Bush espère avoir épuré les comptes sur l’Irak pour repartir sur de nouvelles bases en 2006. Mais il reste à savoir si, en pleine année électorale, il arrivera à faire avancer son agenda.

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