Le 26 décembre 2004, un tsunami tuait 200 000 personnes en Indonésie, au Sri Lanka, en ThaÏlande et en Inde. Immédiatement après le choc, des ONG par centaines se rendaient dans ces pays et jamais, dans l' histoire de l'humanitaire, autant d'argent n'avait été collecté par ces ONG. Trop d'argent ? Beaucoup d'argent en tout cas, qui force les ONG à rendre des comptes. Deux ans après, où en sont les travaux de reconstruction ? C'est un bilan contrasté. Tout ne peut pas avancer au même rythme et vous seriez surpris de voir combien les plages Thaïlandaises sont à nouveau fréquentées par les touristes comme "avant", dans la province d'Aceh à Sumatra où se concentraient 80% des victimes, où toutes les routes, les ponts étaient à refaire, les autorités considérent que 1/3 des habitations à refaire, sont sorties de terre. Mais il reste entre 70 000 personnes dans des barraquements de fortune. Au Sri-Lanka, on parle d'une moitié de reconstructions faites. La guerre rend les choses de plus en plus compliquées. On en reparlera, mais vous l'avez compris, la première leçon, c'est le temps. Ecoutez Francis Charon, directeur de la fondation de France, qui a récolté 20 millions d'Euros. Si on sent les associations ou les ONG, sinon sur la défensive, en tout cas dans le souci d'expliquer, c'est parce qu'on leur demande perpétuellement des comptes sur les réalisations faites avec l'argent des donnateurs. La cour des comptes doit d'ailleurs rendre un rapport le 3 janvier prochain dont on sait qu'il souligne que 30% des dons seulement ont été utilisés... dont on attend d'en avoir le détail, mais la question est moins de savoir combien d'argent a été dépensé que de savoir s'il l'a bien été. La question consiste aussi à savoir aussi jusqu'à quel point cet afflux d'ONG sur les zones dévastées a été constructive, ou facteur de désordre. Sur ce point, écoutez Jean François Riffau, Porte parole de la Croix Rouge Française Autre épine dans le pied des ONG, qui parfois ralentit considérablement les ONG : les relations difficiles avec les gouvernements locaux, avec cet exemple de SOS Village d'enfants. On écoute Frédérique Léquillé, qui est directrice du développement. Ce qui nous fait toucher du doigt une chose fondamentale : vous savez que la zone du nord de Sumatra, la province d'Aceh, était le théatre d'une guerre civile avant la vague. Ni ONG ni journalistes ne pouvaient travailler. Et puis on connaît aussi le conflit au Sri-Lanka, qui perdure depuis des années. Dans les deux pays, on a fait une trève, après le tsunami. A Aceh, des élections ont eu lieu et un indépendantiste a été élu gouverneur de la province. Au Sri-Lanka, c'est exactement l'inverse. Benoît Miribel est Directeur général d'Action contre la faim. ACF a payé un lourd tribu au conflit sri lankais, dix-sept personnes du personnel d'ACF ont été massacrées. C'est un peu ce qui s'appelle le retour au point zéro... Un dossier de Fabienne Sintès.

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