On les appelle les "câlineurs" aux États-Unis. En France ils n'ont pas de nom, mais ici aussi des bénévoles offrent leurs mains, leurs bras, aux bébés juste nés, ou plus grands, dans les hôpitaux.

Les infirmières n'ont pas toujours le temps de câliner les bébés malades, les bénévoles sont à pour les réconforter
Les infirmières n'ont pas toujours le temps de câliner les bébés malades, les bénévoles sont à pour les réconforter © Maxppp / Nice Matin / Franz Chavaroche

À Paris, à l'Hôpital Necker Enfants Malades / APHP, c'est l'association "Main dans la Main" qui apporte cette présence. Elle compte 600 bénévoles en région parisienne. 

Dans le long couloir du service pédiatrie de Necker, des guirlandes et des boules de Noel ont été accrochées aux murs. Ici, les lits n'emplissent pas l'espace des chambres. Les occupants sont une cinquantaine d'enfants ; la moitié des bébés ont moins d'un an. Certains sont là, temporairement, après un passage aux urgences. D'autres, souffrent de maux chroniques : troubles du développement, malformations, respiration ou alimentation difficile. 

Laura Bianco, professeur de yoga et elle-même mère de trois enfants, sillonne ces couloirs toutes les semaines et pousse les portes de ces chambres : "je suis bénévole en service de pédiatrie générale depuis 17 ans. Tous les mardi matin je viens chouchouter les bébés de chambre en chambre selon les besoins" explique-t-elle.

Les règles d'hygiène sont très strictes, nous dit Laura : "Lorsque l'on rentre dans une chambre on met un masque et on se lave les mains avec une lotion alcoolisée. Seulement après on met la blouse". 

Ah s'il pouvait y avoir plus de bénévoles...

Voici la chambre de Mathilde, deux mois, hospitalisée pour troubles alimentaires et nourrie grâce à une sonde. Ce bébé a la chance d'avoir près d'elle sa mère qui l'assiste 24h/24 depuis un mois. La maman de Mathilde explique le soulagement que représente le passage d'une bénévole qui lui permet de s'éloigner de la chambre durant quelques minutes : "quand laisse mon bébé, comme les infirmières n'ont pas le temps de s'occuper d'elle, elle pleure et donc je la quitte le moins possible. Hier j'ai dû le faire durant une heure et quand je suis rentrée elle hurlait de toutes ses forces. S'il pouvait y avoir plus de bénévoles, on pourrait au moins aller prendre un café".

Des bénévoles également appréciés par les soignants

Dans ce service de l'hôpital Necker, les bénévoles sont considérés comme un appui, un support précieux. 

Pour Véronique Abadi, responsable du service pédiatrie générale à l'Hôpital Necker, les bénévole c'est du bonheur : "Le nourrisson passe d'une situation d'inconfort à une situation de confort et c'est un problème purement physique. Il passe de 'Je suis seul, il fait froid, personne me touche' à 'on me cajole, il y a du mouvement, il y a de l'odeur, il y a une voix, il y a un rythme. Tous ces éléments qui sont extrêmement physiques et sensoriels, vont aboutir à une sédation de la douleur, à un réconfort. Pour nous c'est un apport important parce que du coup ce sont des enfants calmes, des enfants plus faciles à apprécier sur le plan médical, des enfants qui vont mieux. Vraiment les bénévoles sont membres de l'équipe."

Dans le service des bénévoles, entre 18h et 21h, il y a même des femmes - parce que ce sont quasiment toujours des femmes - qui ont hérité du surnom de "berceuses". Quand viennent les pleurs du soir, quand certains parents ont dû repartir chez eux s'occuper d'un autre enfant, quand les infirmières sont occupées, elles passent juste pour bercer, jusqu'à ce que les bébés s'endorment apaisés. 

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