C’est une année noire pour le département de l’Aude, Carcassonne, et surtout les villages de Trèbes et Villedubert où l’attaque d’un terroriste, le 23 mars, a fait quatre morts et 15 blessés. Puis dans la nuit du 14 au 15 mars, ce sont des trombes d’eau qui inondent le village, occasionnant à nouveau six victimes.

Trèbes, inondée le 15 octobre
Trèbes, inondée le 15 octobre © AFP / Sylvain THOMAS

Il y a eu non seulement les attentats (Arnaud Beltrame est assassiné le 23 mars 2018 par un terroriste au Super U de Trèbes) mais aussi ce petit matin du 15 octobre où, après les inondations, des voitures sont plaquées contre les murs, défoncées, où les meubles flottent dans les maisons. Cyril a subi la montée des eaux à Trèbes : "C'est monté, c'est monté, c'est monté. Moi dans la maison j'avais au moins 1,50 m d'eau. Tout flottait au rez-de-chaussé : les tables, le canapé, tout se baladait. C'est la nature, elle est plus forte de nous."

Dans les environs, l’heure est à la reconstruction dans tous les sens du terme. Eric Ménassi, maire de Trèbes : "Entre un attentat terroriste qui a totalement terrifié notre ville et ces inondations du 15 octobre dernier, je crois qu'on a vécu une horreur absolue.

L'ensemble des Trébéens a encore aujourd'hui un mal fou pour reconstruire psychologiquement une partie de leur existence.

Eric Ménassi ajoute "Je ne vous cache pas qu'au lendemain des attentats nous étions tous convaincus que ça allait être très long, mais on commençait petit à petit à reprendre le cours d'une vie normale, si j'ose m'exprimer ainsi, et quelques mois après, six victimes, des inondations terrible, des dégâts colossaux et une fracture psychologique qui est ouverte et qui est encore plus terrible qu'il y a quelques mois."

À Trèbes, le Super U a lui aussi subi la double peine, avec d’abord les attentats de mars et ensuite les inondations d’octobre. Il ne rouvrira d'ailleurs qu’en février, mais Gaby, une Trébéenne, y est restée fidèle : "On a toujours une petite pensée pour tout ce qui s'est passé. On n'oublie personne, on y pense toujours. Même après l'attentat j'y suis revenue, je les plains beaucoup et on sera là quand ça rouvrira." 

À Villedubert, un village tout près de Trèbes, une famille a été doublement endeuillée, avec d’abord le premier meurtre du terroriste en mars et en octobre les parents de sa veuve qui disparaissent dans les inondations. Marc Rofès le maire de Villedubert explique : "Je crois qu'on se souviendra dans notre commune de l'année 2018 avec toutes les épreuves : bien sûr les attentats au mois de mars qui ont touché la famille Mazières sur notre commune et puis les inondations qui ont à nouveau malheureusement touché la famille Mazières indirectement, avec la perte de ses parents et puis sept à huit personnes qui ont dû être évacuées par hélicoptère sur le bord de la rivière Aude."

Malgré ces drames à répétition, à Trèbes comme dans les autres communes touchées, les bénévoles ont aidé à la reconstruction, c’est le cas de Christophe Jactel, chômeur à la recherche d’un emploi de mécanique auto ou poids lourd, et président de l’association Fast and Grip : "On a fait une collecte de vêtements avec l'association, on a été livré ça, et puis le lendemain nous ont demandé si on pouvait ramener des denrées du style brosses à dents et tout ce qui est produit d'hygiène corporelle. Je me suis mis au service des autres en aidant les gens, en ouvrant une épicerie solidaire à Trèbes durant un mois."

Aujourd’hui à Trèbes, comme aux alentours, l’heure est à la reconstruction

Ce sont en tout 208 communes de l’Aude qui sont déclarés sinistrées. L’État réunit chaque semaine dans le bureau du préfet de l’Aude tous les financeurs publics, département, région, mais aussi privés pour plus de rapidité et d’efficacité dans la reconstruction des routes et des bâtiments publics. Les habitants eux disent que pour leurs assurances tout est beaucoup trop long et qu’il va leur falloir du temps pour tourner la page.

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