Révolution en vue dans les campagnes. A partir du mois d'avril, la production de lait ne sera plus plafonnée en Europe. C'est donc la fin de 30 ans de quotas laitiers, pilier de la PAC. La fin d'un système stable et protégé qui va renforcer la compétition mondiale.

Non, ce n'est pas un poisson d'avril. Mais le 1er avril prochain, c'est bel et bien une page de leur histoire que les producteurs de lait vont tourner, non sans apréhension.

Depuis plus de 30 ans, la production de lait était régulée pour éviter la sur-production et assurer à l'éleveur un revenu minimum et un prix correct au consommateur. Un volume de production à ne pas dépasser leur était alors imposé. Mais dans un mois, tout cela est terminé. Le marché sera totalement libéralisé. Une page se tourne donc pour les 70.000 exploitations laitières que compte la France.

En plein salon international de l'Agriculture à Paris, on peut sentir les inquiétudes des producteurs. C'est le cas de Bruno Séchet, éleveur dans l'Orne . Il fait partie de cette génération qui n'a jamais rien connu d'autre que les quotas.

Ce sont des recettes qui ne sont pas certaines. On a peur de ne pas pouvoir rembourser nos emprunts.

Supprimer les quotas laitiers est une erreur qui pourrait coûter cher à la France, selon Aurélie Trouvé. Cette enseignante-chercheur à AgroParisTech vient de publier chez Fayard : "le Business est dans le pré". Elle estime que les transformateurs ne vont avoir qu'un but, tirer les prix les plus bas des producteurs.

Il va y avoir des régions qui vont subir une désertification. Les plus petites exploitations vont disparaître.

Ils sont nombreux en tout cas à dire qu'il faudrait trouver un système anti-crise, comme aux Etats-Unis. Là-bas, quand le prix du lait passe en-dessous d'un certain seuil, les producteurs touchent une aide.

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