Un reportage signé Eric Valmir, correspondant permanent de France Inter à Rome, en Italie En Italie, depuis hier, le Parlement étudie la requête du Parquet de Milan de poursuivre son enquête sur les abus de pouvoir de Silvio Berlusconi et ses relations sexuelles présumées avec mineures. Quand l’Assemblée rendra-t-elle son verdict ? Dans deux semaines, le temps d’étudier les 390 pages de l’accusation, témoignages et écoutes téléphoniques et de consulter la défense de Silvio Berlusconi. Dans le pays, les voix de plus en plus nombreuses s’élèvent contre lui. L’opposition de gauche, évidemment. Mais pas seulement. Le Vatican, et c’est une première. Le cardinal Bertone, première personnalité après le Pape, a réclamé au gouvernement italien une moralité plus solide et un sens de l’égalité et de la justice plus affirmée. Un problème pour Berlusconi qui, dans l’optique de consolider une majorité stable, espérait regagner la confiance de l’électorat catholique. Autre intervention délicate, celle d’Emma Marcegaglia, patronne des patrons. Interview de d’Emma Marcegaglia Toutes ces déclarations donnent l’impression que le pays n’est plus gouverné ! L’inquiétude qui apparaît nettement dans les éditoriaux, aussi bien de gauche que de droite, se résume d’une question. Silvio Berlusconi a-t-il perdu la tête ? Curzio Maltese du journal Repubblica  en est convaincu. Interview de Curzio Maltese - Pourtant, Silvio Berlusconi ne faiblit pas dans les sondages, malgré une image internationale dégradée. Le manque d’alternative en est la raison principale. Bien plus que les fêtes privées de Berlusconi, le durcissement des conditions de travail chez Fiat et le chantage des syndicats, flexibilité ou fermeture des usines de Turin ont choqué l’opinion. Et la gauche n’a pas bougé sur le dossier. Conséquence, elle s’est écroulée dans les sondages. Son seul champ d’action reste l’anti Berlusconi. Ça ne suffit pas. La presse internationale peut parler de la fin du berlusconisme. Elle n’est pas forcément pour demain, même si ces scandales à répétition affectent l’Italie sur la scène diplomatique. Jean-Pierre Darnis, à l’institut des affaires internationales. Interview de Jean-Pierre Darnis Avec un Italien sur 2 qui réclame son départ, Silvio Berlusconi (28% d'opinions favorables), reste tout de même l'homme politique le plus populaire en Italie. Si le procès s'ouvre, il encoure une peine de prison ferme de 3 à 12 ans.

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