A partir d’aujourd’hui, dix hommes comparaissent devant le tribunal correctionnel de Bordeaux, pour abus de faiblesse envers Liliane Bettencourt, la femme la plus riche de France.

C’est une histoire qui pourrait arriver dans n’importe quelle famille. Françoise Bettencourt Meyers s’inquiète pour sa mère vieillissante, abusée, peut-être, par son entourage. En 2007, Claire Thibout confirme ses craintes. La comptable de Liliane Bettencourt s’affole des sommes faramineuses données par la milliardaire à son ami, le photographe et écrivain François­-Marie Banier : plusieurs centaines de millions d’euros, sous forme de tableaux, d’assurances vie, et une place d’honneur sur son testament. Drôle, vif, François-Marie Banier, c’est un tourbillon dans l’univers compassé de l’héritière. Un prédateur, qui profite de sa vulnérabilité, selon une partie du personnel. L’artiste, lui, s’en défend.

Avec les fameux enregistrements clandestins du majordome de Liliane Bettencourt, remis à la justice en juin 2010, l'affaire va déborder de la sphère familiale. On y entend l’entourage de la milliardaire, notamment son gestionnaire de fortune, Patrice de Maistre. Les enregistrements donnent également à entendre des faits de fraude fiscale, des collusions entre justice et politique, et une vieille dame sourde, qui ne semble pas toujours comprendre ce qu’on lui fait signer.

Au même moment, Claire Thibout révèle avoir remis 50 000 euros à Patrice de Maistre, à l’intention d’Eric Woerth, quand il était trésorier de la campagne de Nicolas Sarkozy. L’affaire Bettencourt devient alors un scandale d’état.

Sur le volet familial, c’est la contre-attaque. Liliane Bettencourt donne plusieurs interviews, sur France 3, en octobre 2010, elle s’insurge contre la mise sous tutelle demandée par sa fille. Le psychodrame familial est à son comble. Pendant ce temps, Eric Woerth est contraint de quitter le gouvernement, le dossier est dépaysé au tribunal de Bordeaux pour plus de sérénité.

L’affaire va maintenant empoisonner la vie de Nicolas Sarkozy, mis en examen, en mars 2013, pour abus de faiblesse. Malgré un non lieu au final, l’aventure garde un goût amer pour l’ancien président. Le volet politique refermé, reste l’histoire d’une vieille dame, âgée aujourd’hui de 92 ans. Souffrant de la maladie d’Alzheimer, placée sous tutelle, Liliane Bettencourt ne sait sans doute pas que s’ouvre aujourd’hui un procès qui porte son nom.

L'affaire Bettencourt en dessins

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Bannière procès © Radio France / Dominique Lemarié

Pendant toute la durée du procès pour abus de faiblesse qui s'ouvre à Bordeaux ce lundi 26 janvier, France Inter vous fait vivre l'audience en direct, comme si vous y étiez.

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Liliane sans fard © Radio France

France Inter vous offre également un portrait haut en couleurs de l'héritière de L'Oréal avec le dessinateur Olivier Josso.

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