Depuis le 29 avril, se tient à Paris le procès du gang des barbares. La Cour d’assises des mineurs a étudié la personnalité des accusés, elle est revenue sur plusieurs tentatives d’enlèvements. Aujourd’hui, elle entame 4 semaines de débats sur les responsabilités respectives dans la mort d’Ilan Halim et elle siège toujours à huis clos. Le huis clos sert à protéger les mineurs. C'est la loi. Mais là, la plupart des accusés sont depuis 2006 devenus majeurs. La famille d'Ilan Halimi a bien essayé de demander la publicité des débats. En vain. Huis clos, ça signifie exclusion du public, donc de la presse. Logique pour certains avocats de la défense, mais dommageable pour d’autres, comme maitre Didier Seban, qui s’occupe d’un des 26 coaccusés (interview). Dans ce contexte, comment informer ? Pour cette journaliste de la presse judiciaire, c'est impossible de couvrir un procès à huis clos car c'est de la desinformation (interview). Mais il y a aussi des journalistes qui tentent de couvrir le procès, comme Elsa Vigoureux. Elle est la seule. Elle est journaliste au « Nouvel observateur ». Depuis le début du procès du gang, elle tient un blog, y relate les principaux faits du procès (interview). Même les politiques se sont emparés du débat. Une proposition vient d'être redigée par l'UMP François Baroin et le Socialiste Jack Lang. L'idée, c'est que le huis clos ne soit plus automatique si les accusés, mineurs au moment des faits, sont devenus majeurs à l'ouverture du procès. La publicité des débats serait alors de droit et ce serait aux accusés de saisir la cour d'une demande de huis clos. Une idée qui a jailli, selon Jack Lang, lorsque les deux députés ont entendu que le procès Fofana se tenait à huis clos (interview). Alors peut-être qu’un jour cette question sensible sera tranchée par les parlementaires. Toujours est-il qu’aujourd’hui, à la cour d'assises, on entre dans le vif du sujet, à savoir, les circonstances de la mort d’Ilan Halimi. Un reportage de Cyril Graziani.

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