Cet après-midi, auront lieu les obsèques d'Aurélie Fouquet, la policière municipale tuée jeudi dans le Val-de-Marne. Ce drame renforce le malaise au sein des polices municipales. Les syndicats demandent plus de considération et remettent le sujet des armes sur le tapis. Cette police des villes ressemble de plus en plus à sa grande sœur, la police nationale. C'est flagrant quand on va dans une ville comme Courcourone au sud de Paris. 15 000 habitants, 14 policiers municipaux et des agents qui ont fait 54 interpellations l'an passé. La police municipale n'a pas les moyens de la police judiciaire, mais elle fait du flagrant délit. A Courcourone, elle s'en donne les outils. Le directeur, Frédéric Benoit, pilote 18 caméras de surveillance et un système d'alarme relié à plusieurs commerces, qui est un peu agaçant à l'écoute, mais qui illustre bien la place qu'occupent les municipaux puisque cette alerte atterrit sur les portables des hommes de Frédéric Benoit (interview). Si la police municipale ressemble à la police nationale sur cette commune, c'est parceque la grande soeur est debordée. C’est le maire UMP, Stéphane Baudet, qui a mis les moyens en 2001 avec une doctrine de sécurité publique (interview). La police municipale compense-t-elle les carences de l'état en matière de sécurité ? Il y a l'appel d'air. D'un côté, la police nationale perd des effectifs ; de l'autre, la loi donne de plus en plus de moyens aux policiers municipaux. D'où le transfert. Dailleurs, ça a un côté positif parceque c'est une police de proximité, mais c'est « inégalitaire » dit Yannick Daniot, au nom du syndicat de policiers unité-police SGP-FO (interview). D’ailleurs, toute les communes n'ont pas de police municipale et toutes les polices municipales ne font pas de répression. 3 500 communes qui ont une police muncipale, 18 000 agents, moins d'un tiers armés. On est entre deux eaux, entre la traditionnelle police de stationnement et la patrouille de nuit anticriminalité. On a permis à cette police d’aller sur le terrain de la nationale, mais on ne lui a pas donné de statut et on la tient à l'écart des fichiers et du système radio. D'où les revendications qui s'accumulent. Les représentants des municipaux estiment qu'ils font le même travail que la police nationale. Demain, Brice Hortefeux, le ministre de l’intérieur, reçoit une intersyndicale dans laquelle se trouve le Syndicat national de police municipale, représenté par Patrice Lebaye dans le Val-de-Marne, qui demande de l'argent et des armes (interview). Brice Hortefeux a promis l'accès au taser. Le député UMP des Hauts-de-Seine, Patrick Balkany, vient de signer une proposition de loi qui va dans le sens des syndicats qui appellent à manifester mardi prochain. ____ Un reportage d’Etienne Monin.

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