Aujourd’hui et demain, Nicolas Sarkozy va effectuer une visite d’Etat de deux jours en Grande-Bretagne. La dernière d’un président français remonte à 1996. C’était celle de Jacques Chirac. La famille royale va donc recevoir en grandes pompes la famille Sarkozy. La « famille », c’est le mot, puisque le président français sera accompagné de son épouse, mais aussi de sa mère, Andrée qui, avec 81 ans, n’a qu’un an de moins que la Reine. Au programme, ballade en Carosse à Windsor ce midi, et banquet Royal ce soir. Il faut dire que la Reine aime la France et la langue française, comme l’explique Marc Roche, auteur d’une biographie d’Elisabeth II (interview). Il faut savoir qu’il y a tout un protocole avec la Reine. On ne peut pas la toucher. Surtout pas la prendre par le bras. On ne peut même pas lui poser de questions. Maintenant, on peut, s’en poser, nous, une question, c’est de savoir comment cette femme de principe, conservatrice, peut percevoir la nouvelle épouse du président français, chanteuse et ancienne top modèle dont la presse people a largement fait ses choux gras ici. Eh bien, cela ne devrait poser aucun problème estime Theodore Zeldin, historien de la monarchie à Oxford (interview). Comment la population britannique perçoit-elle le président français ? Dans un premier temps il a beaucoup séduit. On voyait en lui un homme énergique qui allait réformer la France, telle que les Anglais aimeraient la voir. Mais depuis son divorce et son remariage, cette image en a pris un coup, et le recadrage apparemment en cours sera sans doute aussi utile ici. Jonathan Fenby est l’une des plumes du très sérieux hebdomadaire « The économist » (interview). Il faut aussi savoir qu’à l’origine, la visite devait durer trois jours, et que Nicolas Sarkozy l’a écourtée d’une nuit, ce qui a été perçu par certains ici comme un signe de discourtoisie. Il y aura aussi une partie très politique dans cette visite, avec un temps fort cet après-midi : un discours du président français devant les chambres des Lords et des Communes réunies. Et puis il y aura demain le sommet franco britannique au stade d’Arsenal. On va évoquer des coopérations bilatérales sur le nucléaire, sur l’immigration, la défense. Bref, on va parler d’Europe en prenant soin d’éviter les sujets qui fâchent, parce qu’il y en a encore, explique Philippe Marlières, professeur de sciences politiques à Londres (interview). Ce qu’il faut ajouter c’est que cette visite semble tout de même dessiner un rapprochement franco-anglais, au détriment du couple franco-allemand qui, lui, fonctionne apparemment moins bien que par le passé. Un reportage de Jacques Monin, correspondant permanent à Londres.

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