Selon le ministère de l’Education Nationale, sur 50 000 remplaçants, MOINS DE 80% sont sollicités. Dans le primaire, un remplacement sur 10 n'est pas assuré. Pour améliorer le dispositif, une Agence nationale du remplacement doit voir le jour à la rentrée prochaine. A la permanence téléphonique du rectorat de Créteil, qui se charge de l’absence des enseignants dans les collèges et lycées de l’académie. Cette cellule téléphonique est assurée par des retraités, d'anciens chefs d'établissements qui font le lien avec les services techniques du rectorat et se chargent du suivi des demandes de remplacement (interview). En cas d'absence aussi longue d'un professeur, les élèves ont quand même parfois quelques heures de cours avec des enseignants de leur établissement, qui acceptent de faire des heures supplémentaires. Mais ça ne dure qu'un temps. En moyenne, un professeur n'est pas remplacé avant 15 jours. Et c'est encore plus long pour certaines matières, comme l'allemand, le latin, le grec, les disciplines professionnelles ou pour des zones éloignées des grandes villes. Au collège de la Ferté Gaucher, en zone rurale, en Seine-et-Marne, à 90 kms de Paris, la principale, Marie Déthuillier a bien des difficultés dès qu'un de ses professeurs est absent. Des absences de plus d'un mois, ce n'est pas rare (interview). Justine Vassilière est TZR dans ce collège. C'est un nom un peu barbare qui signifie Titulaire sur zone de remplacement - ça fait 3 ans qu'elle assure des remplacements dans un rayon de 70 kilomètres. Elle doit sans cesse se tenir prête (interview). Etre remplaçant, c'est un métier. Les TZR sont titulaires du CAPES, le diplôme pour enseigner, et ils sont affectés sur des remplacements de longue durée. Plus de 15 jours. Mais les rectorats font aussi appel à des vacataires ou des contractuels. Ce sont des personnels précaires, payés à l'heure de cours. Ils n'ont pas le CAPES mais une licence au minimum. Vincent Lombard est professeur de français contractuel, dans l'académie de Grenoble, et responsable des non-titulaires au SNES, syndicat du second degré (interview). Les remplaçants peuvent se succéder car les vacataires ne peuvent enseigner que 200 heures maximum. Les non-titulaires auraient la possibilité de passer le CAPES mais il n'y a que 600 postes au concours interne pour 25 000 non-titulaires sur toute la France. Et l'année prochaine, le gouvernement va supprimer 3000 postes de titulaires remplaçants, en raison de la baisse du nombre d'élèves dans les collèges et lycées, selon le ministère. Sur le terrain, c'est source d'inquiétude pour les chefs d'établissements qui ont déjà du mal à faire face. Un reportage de Sonia Bourhan.

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