Cinéaste vénéré dans le monde entier, Bertrand Tavernier est mort jeudi à l'âge de 79 ans. Au-delà du réalisateur, l'homme était un fou de cinéma : une mémoire encyclopédique, des ouvrages par dizaines, des souvenirs de cinéma et surtout le goût de la transmission.

Amoureux fou de cinéma mais également passeur extraordinaire Bertrand Tavernier n'a cessé de nous éclairer sur le 7ème Art
Amoureux fou de cinéma mais également passeur extraordinaire Bertrand Tavernier n'a cessé de nous éclairer sur le 7ème Art © Getty / Stephane Cardinale - Corbis

C'était une deuxième nature : il était passionné, enthousiaste, et surtout partageur ; on ne se lassait jamais de l'écouter. Bertrand Tavernier, décédé jeudi à l'âge de 79 ans, écrivait beaucoup sur le cinéma. Il donnait des conférences, enregistrait des bonus pour des DVD, et par dessus-tout, il adorait montrer des films, comme par exemple tous les ans mois d'octobre, devant le public du festival Lumière qu'il présidait. 

Le cinéma, il en parlait aussi à l'occasion de dîners avec ses amis. Des soirées entières à discuter d'un plan, ou d'un film, à la lumière d'une autre époque ou de nouveaux événements. Un rapport très intime au cinéma, qui nourrissait son quotidien. Et ils sont nombreux, fidèles ou anonymes, à s'être imprégnés de ce savoir qu'on a souvent qualifié d'encyclopédique – même si lui détestait ce terme. 

Un voyage à travers le cinéma français

En 2016, Bertrand Tavernier, Stéphane Lerouge et quelques autres s'attèlent à un projet cinéphile et titanesque, une sorte d'Everest dans l'univers du documentaire : 3h15 de voyage à travers le cinéma français. Une oeuvre à la fois remplie de souvenirs pédagogique, autour de films du patrimoine, de 1930 aux années 70. Un travail de documentation qu'il voulait aborder en cinéaste autour de classiques ou de films plus confidentiels. 

L'amour du cinéma, disait-il, lui avait permis de trouver une place dans l'existence : réalisateur à la fois très Français et passionné en même temps de cinéma américain – dont il était là encore devenu la référence absolue, au coude à coude avec Martin Scorsese. Il était l'auteur d'entretiens avec les plus grands d'Hollywood, et d'une bible, très prisée des collectionneurs et en rupture de stock partout, autour du cinéma américain. On lui devait aussi la création en 2013 d'une collection autour du western chez Actes Sud, baptisée "L'ouest, le vrai". 

Impacté comme beaucoup par la crise sanitaire, Bertrand Tavernier avait dû renoncer, ces derniers mois, à un projet de film américain avec le romancier Russel Banks. En attendant, il avait entrepris de rédiger ses mémoires, comme un dernier cadeau à une génération entière, devenue cinéphile avec lui. 

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