Ce week-end à Grenoble, Martin Hirsch - le haut commissaire aux solidarités actives - a donné le coup d'envoi du « Grenelle de l'insertion ». Objectif : lutter contre la pauvreté et améliorer les dispositifs d'insertion. Le RSA, revenu de solidarité active, est une des solutions envisagées. Depuis le début du mois, il est expérimenté dans 17 départements, dont le Val d'Oise. La zone concernée est celle de Bezons et d'Argenteuil, troisième ville la plus peuplée d'Ile-de-France. Là-bas, le taux de chômage avoisine les 15%, avec un nombre significatif de bénéficiaires du RMI, 3500, un public visé par ce RSA pris en charge par les départements et par l'Etat. L'idée, c'est d'attribuer un complément de salaire aux RMIstes dès lors qu'ils ont retrouvé un emploi. Au 1er novembre, 600 répondaient à ce critère. C'est le cas de Salah, 54 ans, un ex-chauffeur livreur qui a connu 4 dernières années très difficiles (interview). Attendre de décrocher un emploi, qui est aussi très souvent à temps partiel. Et pour un RMIste, retravailler pour un petit nombres d'heures, jusqu'ici ce n'est pas forcément avantageux et ça devrait changer avec le RSA, estime Catherine Michelot, directrice de la vie sociale au Conseil Général du Val d'Oise (interview). Un minimum garanti qui varie en fonction de la situation familiale et du nombre d'heures travaillées. En gros, plus le salaire est élévé, plus le RSA diminue. Le but, c'est de franchir le seuil de pauvreté soit 817 euros. Un seuil en-dessous duquel se retrouvent un peu plus de 7 millions de Français aujourd'hui. Pour l'heure, 106 personnes ont déjà obtenu rendez-vous pour signer un contrat RSA auprès de la Boutique Rives de Seine, association d'insertion professionnelle à Argenteuil et qui coordonne le dispositif. Les premiers versements interviendront dès décembre. Il y a donc le volet financier mais également un accompagnement vers une insertion durable des RMIstes, selon le directeur, Eric Ursulet (interview). Pour ces expérimentations qui dureront 3 ans, le gouvernement a débloqué une enveloppe de 25 millions d'euros, ce qui peut paraître peu, lorsqu'on sait que sur les 17 départements, cela va concerner 100 000 allocataires du RMI mais aussi de l'API, allocation de parent isolé. En revanche, les autres bénéficiaires de minima sociaux sont à l'écart, regrettent certaines associations qui craignent également que des entreprises ne se contentent de proposer des emplois à temps partiel, le RSA faisant le reste. Alors il faudra attendre la fin d'année pour évaluer l'impact, l'efficacité de ce dispositif sur la reprise d'activité. Et notamment dans le département de l'Eure, pionnier en la matière, puisque l'expérience est menée à Louviers depuis le mois de juin. En janvier prochain, 10 autres départements vont se lancer dans l'aventure et si les tests sont concluants, le RSA pourrait être généralisé dans toute la France fin 2008/début 2009, pour supplanter, c'est l'une des pistes envisagées, le RMI. Un dossier de Nour-Edine Zidane.

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