Imaginons une rue, appelée la rue de la crise, pour mesurer concrètement l’impact de la crise économique. Et dans cette rue, rencontrons plusieurs acteurs de la vie économique. D'abord, au n°10 de la rue de la crise, il y a un concessionnaire automobile. Numéro 10 comme 10% de la population active : plus de 2 millions et demi de personnes travaillent dans le secteur. Entre plans sociaux et chômage partiel, elles sont directement touchées par la baisse des ventes. En France pourtant, elles seront stables cette année (et même en légère progression). En revanche, les ventes chuteront de 25% en Espagne, 15% aux Etats-Unis et justement, la France dépend de ces marchés. Elle a aussi un problème de stocks, explique Flavien Neuvy, de l'observatoire de l'automobile cetelem (interview). Après le concessionnaire, au n°20 de la rue de la crise, il y a un supermarché. Le numéro 20 comme 20% moins cher. Dans ce Casino, ce sont les marques de distributeurs, les MDD, que l'on voit et que l'on vend le plus. Elles sont moins chères, comme les produits 1ers prix. Le directeur du supermarché, Hugues Cornette, gère ainsi la crise et il ne s'en sort pas si mal (interview). Et dans la rue de la crise, après le supermarché, déjeuner dans un restaurant. Là, c'est au n°25. 25 comme 25% de baisse du chiffre d'affaire en septembre 2008 par rapport à septembre 2007. C'est ce qu'a vécu Philippe Sergent, qui tient le restaurant Le Vin dans les voiles à Paris. Un choc brutal (interview). Enfin, tout au bout de la rue de la crise, difficile de discerner des bruits de chantiers. En effet, il y a de moins en moins de construction en ce moment. Michel Mouillart est économiste. Il estime à 100.000 la perte de mises en chantier d'ici l'an prochain, l'équivalent de 100 à 150.000 emplois supprimés ces prochaines années. Pour l'immobilier, il n'est pas plus rassurant, avec une baisse d'activité pour 2008 de 17% dans l'ancien (interview). En fait, la plupart des acteurs économiques du pays cherchent à anticiper la crise mais en l'anticipant, et bien en quelque sorte, ils l'accentuent. C'est un engrenage infernal, mais ce n'est pas pour autant une voix sans issue dans la rue de la crise ! Un reportage de Bruce de Galzain.

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