Des journalistes de 36 pays, dont ceux de la Cellule investigation de Radio France, ont enquêté pendant dix mois sur les Implant Files, une série de révélations sur les conditions de validation et d'utilisation de prothèses et d'implants partout dans le monde. On vous résume les premiers éléments dévoilés dimanche.

Prothèses lors du congrès de la SOFCOT en novembre 2018
Prothèses lors du congrès de la SOFCOT en novembre 2018 © Radio France / Elodie Gueguen

C'est un système assez incroyable : pour mettre un implant sur le marché européen, il faut obtenir d’un organisme de certification ce qu’on appelle un "marquage CE". Or ce marquage est tellement simple à décrocher qu’une consœur néerlandaise a réussi à faire croire à trois de ces organismes, qu’un filet de mandarine était... un implant vaginal.

Ils n’y ont vu que du feu, et nos confrères de Cash Investigation ont ensuite réédité l’exploit, en faisant croire qu’ils avaient un marquage CE pour un implant tout aussi bidon. Cette fois, c'est l’ANSM, l’agence nationale de sécurité du médicament française, qui leur a donné le feu vert pour le commercialiser.

Comment est-ce possible ? Tout simplement parce que dès que l'on a obtenu ce marquage CE, on peut vendre son produit où que ce soit en Europe. Le problème, c’est que ce marquage, pour les implants, est délivré par des organismes concurrents qui certifient aussi des machines à laver ou des voitures. Résultat : on enchaine depuis des années des scandales de prothèses retirées du marchés par exemple, sans réaliser que c’est en fait tout un système qui permet ces dérives.

En France, un système tout aussi défaillant

L’Europe ne fait donc pas ce travail de filtrage... Mais les autorités sanitaires françaises non plus ! Avec nos confrères partenaires de l’ICIJ, nous avons récupéré le registre de l’ANSM, qui recense tous les incidents liés aux implants en France, un outil essentiel de surveillance. Mais lorsqu’on l’a examiné de près, on est tombé de haut : de nombreuses lignes de cette base ne sont tout simplement pas remplies.

À l'ANSM, on reconnait tout simplement que ce registre a des défauts. Mais le résultat, c’est que certains professionnels de santé expliquent qu’ils préfèrent, pour vérifier un implant, consulter la base américaine des incidents, plutôt que le registre de l’ANSM.

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