"Dieu est mort", titre le journal l'Equipe ce matin. Diego Maradona est décédé hier, à l'âge de 60 ans, et le monde du football pleure une idole. Maradona, c'était une icone de la pop culture.

À Buenos Aires, les suporters rendent hommage à Diego Maradona
À Buenos Aires, les suporters rendent hommage à Diego Maradona © AFP / Mariano Gabriel Sanchez / ANADOLU AGENCY / Anadolu Agency

Résumer le phénomène Maradona au football, c'est presque passer à côté de l'essentiel. De ce qu'il a provoqué. De ce qu'il a inspiré. L'écrivain Mario Vargas Llosa a dit de Diego Maradona qu'il était plus qu'un grand joueur, "c'était l'une de ces divinités vivantes que les hommes ont créé pour pouvoir s'adorer en elles". "Admirer un tel champion, c'est admirer la poésie, l'art abstrait, sans aucun contenu rationnel", voilà l'hommage signé d'un prix nobel de littérature. 

Diego Maradona, c'est l'un des rares sportifs, pour ne pas dire le seul, qui a trouvé un écho dans tous les arts majeurs. De la peinture jusqu'à la bande dessinée, en passant par la sculpture, la danse, la théâtre ou encore la musique. "Si j'étais Maradona", chantait Manu Chao. Un titre rendu célèbre par le documentaire consacré à Maradona, réalisé par l'un de ses admirateurs, Emir Kusturica, fasciné par le personnage, un acteur né.

Maradona, c'est aussi une tragédie grecque, un personnage de roman. Et ce n'est pas qu'une expression. Olivier Guez, prix Renaudot, lui consacre un livre à paraître au printemps prochain. Même Netflix a fait de Maradona le héros d'une série, quand il était entraineur au Mexique.

Beaucoup d'artistes ont pris Maradona pour modèle. Il n'y a qu'à errer dans Naples, au détour des ruelles de la vieille ville, des quartiers populaires, pour y découvrir un musée à ciel ouvert, à la gloire de Diego Maradona. Des fresques, parfois gigantesques, sur les pignons des immeubles. Naples, c'est devenu un temple du street art, la toile immense de ces peintres de rue qui se mesurent à leur idole, comme ceux du XVIIe siècle se sont mesurés au Christ. Diego Maradona, c'est un tout. 

Si Diego Maradona est devenue une icone culturelle, c'est aussi pour ses idées. Diego, c'était le défenseur des pauvres, une voix de la gauche sud-américaine, qui a défié les Etats-Unis, toute sa vie, aux côtés de Nicolas Maduro, Hugo Chavez, Evo Morales et surtout, Fidel Castro. Fidel, ce deuxième père, comme le disait Maradona lui-même, et qui aimait Diego comme un fils. Fidel Castro, dont Diego Maradona avait le visage tatoué sur le mollet. Pour l'anecdote, Diego est donc mort le 25 novembre, le même jour que Fidel Castro, mais quatre ans plus tard.

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