Ce lundi ont lieu les Assises de la consommation. Un « colloque de l'inaction », disent des associations de consommateurs comme l'UFC et la CLCV qui réclament - encore et toujours - l'introduction en France des class actions, les actions de groupe. L'action de groupe, c'est pouvoir aller en justice collectivement, contre une même entreprise. Et c'est l'Arlésienne ! Promesse de Jacques Chirac en 2005, reprise par Nicolas Sarkozy. Des rapports, des amendements, des propositions de loi... et puis rien. Au point qu'en ce moment, on a l'exemple de deux petits porteurs français, qui se sont greffés à une action contre Vivendi, pas en France, aux Etats-Unis, LE pays de la class action. Pour Colette Neuville, la présidente de l'Association de Défense des Actionnaires Minoritaires, ce sont des « héros » (interview). Et ils ont franchi chaque obstacle, ce qui en théorie permettrait à tous les actionnaires français entre 2000 et 2002 de recevoir une indemnisation. Ca c'est le système américain (qui est très particulier) mais qui, dit Colette Neuville, permet aux quidam de se regrouper pour obtenir réparation (interview). Aux Etats-Unis, les actions de groupe, c'est plutôt le risque quotidien des patrons, pour le plus grand bénéfice de certains cabinets d'avocats. Celui de Paul Bishop, lui, défend les entreprises. Il parle de dérives (interview). Aux Etats-Unis, ce serait donc un cercle vicieux. En France, le Medef se démène pour éviter toute possibilité de recours collectif en justice. Véronique Julia a tendu son micro à Laurence Parisot, la patronne des patrons (interview). Voilà LE dernier argument en date : ce n'est vraiment pas le moment... C'est aussi ce que dit le gouvernement. Des actions de groupe, oui MAIS : "à la française", c'est-à-dire : portées par les grandes associations de consommateurs, et en dernier recours, après une étape de médiation et surtout pas avant la fin de la crise. En clair : même la version allégée ne passe pas. Reine-Claude Mader de l'association CLCV pense savoir pourquoi (interview). L'action de groupe nous arrivera peut-être par Bruxelles. Le projet de la commissaire à la Concurrence, Nelly Kroes, est assez avancé. Mais en janvier, la commission sera renouvelée. Alors, peut-elle vraiment, comme elle le souhaite, le faire passer avant ? Reine Claude Mader affirme que Paris fait tout pour que cela n'arrive pas. _____Un reportage d’Alexandra Bensaïd.

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