Par Géraldine Hallot C'était il y a cinq ans tout juste, le 27 octobre 2005, à Clichy-sous-Bois en Seine-Saint-Denis, Zied et Bouna, deux adolescents de 17 et 15 ans, mourraient électrocutés dans un transformateur EDF, après une course-poursuite avec la police. Ce fut le point de départ de violentes émeutes partout en France. Cinq ans plus tard donc, le volet judiciaire de l'affaire n'est toujours pas clos. Deux policiers ont été renvoyés devant le Tribunal correctionnel mais le Parquet a fait appel, on l'a appris hier. Et la situation sociale à Clichy, ne s'est pas vraiment améliorée. Retour à Clichy-sous-Bois pour voir si les promesses d'alors ont été tenues. Ce qui frappe quand on arrive à Clichy-sous-Bois, c'est le bruit des bulldozers et des marteaux piqueurs. La ville est en chantier, elle change peu à peu de visage grâce à la rénovation urbaine. Des tours délabrées et impersonnelles ont été détruites et des logements plus bas, plus conviviaux, sont construits. Et çà, c'est un point positif d'après le maire PS de Clichy, Claude Dilain. Mais cette rénovation urbaine, si ambitieuse soit-elle, ne concerne que 7000 habitants sur 30 000. Et puis elle ne règle pas les autres problèmes, le chômage surtout : il atteint 20% à Clichy, le double dans certains quartiers. Samir Mihi est le président de l'association "Au delà des mots". Cinq ans après les émeutes, l'emploi reste donc le problème numéro 1 à Clichy-sous-Bois. Pour s'en rendre compte il suffit d'aller au lycée Alfred Nobel. Là-bas, les élèves ont déjà du mal à trouver un stage, alors un travail, imaginez... Achour Mechmache a 19 ans, il est en Bac pro électricité. Il y a 15 jours, il avait rendez-vous dans une entreprise à Aubervilliers pour un stage. Il nous raconte la suite. Depuis les émeutes, l'étiquette Clichy-sous-Bois fait peur aux employeurs. Karim a 18 ans et pas vraiment de rêves d'avenir. Et pourtant si, certaines choses ont avancé, notamment en matière de transports. Clichy-sous-Bois est très mal desservie. Elle n'est qu'à 15 kilomètres de Paris mais il faut 1h30 en transports en commun. D'ici 2015, la ville sera raccordée au tramway T4. Et puis un changement qui a son importance : depuis les émeutes de 2005, on parle de Clichy-sous-Bois et des banlieues en général. Claude Dilain s'en félicite. Clichy-sous-Bois se paye même le luxe d'avoir un rêve, un pari fou : accueillir une Villa Medicis bis, dans la tour Utrillo, une tour promise à la démolition.### liens

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