Hewlett-Packard, une entreprise où la plupart des salariés sont des cadres, supprime des emplois en Europe occidentale pour en créer en Europe de l'Est ou en Inde. HP veut supprimer un quart de ses effectifs en France, soit 1240 personnes. La fabrication d'ordinateurs ou d'imprimantes a déjà été délocalisée dans des pays émergents. Aujourd'hui ce sont les cols blancs qui sont touchés. On a beaucoup parlé des centres d'appels installés au Maghreb ou à Madagascar. Ce qu'on sait moins, c'est que de plus en plus, les grandes entreprises externalisent ou délocalisent leur service comptabilité, la gestion de la paye, la maintenance informatique. C'est ce que vivent Soraya et Aida, elles travaillent dans la vente au siège de HP à Issy les Moulineaux. L'entreprise devient de plus en plus complexe à gérer et pourtant ça marche, d'abord bien sûr grâce à internet, ensuite parce que les entreprises ont d'abord réorganisé leurs services. On a en quelque sorte réinventé le travail à la chaîne pour des fonctions administratives. C'est ce qu'explique Jean-François Lécole, le PDG du cabinet de conseil Katalyse, qui estime que la France pourrait perdre plus de 200 000 emplois de services dans les 5 prochaines années. La délocalisation peut avoir aussi ses inconvénients, mais aujourd'hui comme l'explique George Pujals, économiste à l'OFCE, les grandes entreprises regardent avant tout la réduction des coûts à court terme. Le débat sur les délocalisations a été très présent dans la dernière campagne présidentielle américaine. Il l'est aussi aujourd'hui en France. Le ministre des relations du travail Gérard Larcher reçoit aujourd'hui le président européen de Hewlett Packard, Francesco Sérafini. Un dossier de Sara Ghibaudo, journaliste au service économique et social de France Inter.

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