Les partenaires sociaux reprennent aujourd'hui leur négociation sur le sujet. Imposée par la réforme des retraites de 2003, cette négociation est ouverte depuis plus de 2 ans et elle patine. Le débat tourne autour de cette question : un travail pénible peut-il donner droit à une retraite anticipée ? Illustration ce matin dans un secteur très concerné par la pénibilité. C'est le secteur du bâtiment. Le bruit, les intempéries, les charges lourdes, mais aussi les poussières qu'on respire et l'exposition à des produits comme le plomb ou l'amiante. C'est tout ça, les conditions de travail d'un maçon. Antonio Branco a 36 ans, 14 ans de métier. Il se dit épuisé par son travail (interview). Pour la CGT, cette pénibilité dans le BTP justifierait un départ anticipé à la retraite. Le syndicat réclame d'ailleurs un départ à 55 ans pour les salariés de la construction. Son argument, c'est qu'on vit moins longtemps quand on est ouvrier. Confirmation avec l'économiste du travail, Philippe Askénazy (interview). Philippe Askénazy estime qu'à 55 ans, un quart des salariés ont un état de santé détérioré par la pénibilité de leur travail. Travail de nuit pendant plus de dix ans, exposition à des intempéries ou des produits toxiques. A priori, le stress ne fait pas partie des pénibilités portant atteinte à l'espérance de vie. Sur cette question de la pénibilité, une négociation est en cours entre les partenaires sociaux. Elle dure depuis deux ans et n'avance pas. Tout le monde est d'accord pour dire qu'il faut faire plus de prévention pour réduire la pénibilité. En revanche, les partenaires sociaux s'opposent sur les réparations dont pourraient bénéficier les salariés. 10, 20 ou 30 ans de travail de nuit, dans le froid, ou en contact avec des produits dangereux peuvent-ils permettre de prendre sa retraite plus tôt ? C'est toute la question. Les syndicats militent pour un congé de fin de carrière. En fait, c'est un droit qui serait ouvert à tous ceux qui ont subi par leur travail des dégats qualifiés d'irréversibles. Explication avec Jean-Louis Malysse, du syndicat CFDT (interview). Mais justement tout ça coûte beaucoup d'argent et du coup le patronat freine des 4 fers. L'UPA, l'Union Professionnelle des Artisans, refuse qu'on généralise un droit au départ dans certaines catégories de métiers. Elle préfère traiter la pénibilité au cas par cas. Dany Bourdot est négociatrice pour l'Union des Artisans (interview). A l'heure actuelle, dans le privé, les systèmes qui permettent un départ anticipé sont rares. Il y a notamment un dispositif pour les travailleurs à la chaine, dispositif également pour les routiers et pour les salariés exposés à l'amiante. Un dossier de Véronique Julia.

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