Eurodéputé est un métier méconnu, parfois décrié. Et les états majors politiques préfèrent souvent présenter des candidats « people », même s’il y a surtout besoin de spécialistes, de personnes dévouées à l’Europe, qui acceptent de travailler dans l’ombre. Une vie de nomade, des journées épuisantes dans l’anonymat européen. Un travail minutieux, technique et de longue haleine. Si on devait comparer le métier d’eurodéputé à un sacerdoce, on ne serait pas très éloigné de la réalité. Adrian Severin est tête de liste des socio-démocrates en Roumanie (interview). Ceux qui prennent leur mandat à cœur - et ils sont nombreux - finissent pas ne plus pouvoir s’en passer. Comme Joseph Daul. Cet agriculteur alsacien ancien syndicaliste agricole, devenu en moins de deux mandats le président du groupe politique le plus important, le parti populaire européen. Entre deux rendez-vous, il livre le programme de la semaine (interview). Environnement, santé, sécurité… le travail des Eurodéputés a des répercussions sur le quotidien de près de 500 millions de citoyens. Pour accélérer certaines prises de décisions, il faut aussi parfois savoir piquer une colère, comme Jacques Toubon, lors de ce vote très symbolique sur la sécurité des jouets, juste avant Noël, que les eurodéputés s’apprêtaient à repousser (interview). Mais voilà, Jacques Toubon, qui a beaucoup œuvré aussi pour l’adoption de la directive service, ne figure plus dans les petits papiers de l’UMP, et donc pas non plus sur ses listes pour ces européennes. Un parti pris très français, selon sa collègue luxembourgeoise, Astrid Lulling, eurodéputée depuis 44 ans et à nouveau candidate (interview). Un reportage d'Anja Vogel, correspondante permanente au Parlement européen de Strasbourg.

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