En 2003, l’usine Metaleurop Nord fermait, laissant 800 salariés sur le carreau. "Allons en France" est à Courcelles-lès-Lens, la ville voisine, où Marine Le Pen a recueilli 44%.

Le site de l’usine Metaleurop de Noyelles-Godault, fermé en 2003, a été en partie dépollué et transformé en unité de recyclage et de valorisation des déchets.
Le site de l’usine Metaleurop de Noyelles-Godault, fermé en 2003, a été en partie dépollué et transformé en unité de recyclage et de valorisation des déchets. © Radio France / Géraldine Hallot

Il y a quatorze ans, en mars 2003, l'usine Metaleurop Nord de Noyelles-Godault était liquidée, après plus d'un siècle de production de métaux non ferreux. Plus de 800 salariés étaient licenciés. Depuis, le site a été en partie dépollué et transformé en unité de recyclage et valorisation des déchets, gérée par Suez.

Parmi les anciens de Metaleurop, 132 ont été mis en préretraite, certains ont monté leur entreprise, de nombreux ouvriers ont retrouvé du travail mais en CDD, à temps partiel ou en intérim. Sur 800 salariés, 81 sont morts, soit 10%. Impossible de dire si c'est lié à la pollution au plomb et à l'amiante.

Mais 6 décès sont directement liés à l'exposition à l'amiante.

Les ouvriers en colère

L'usine Metaleurop était basée à Noyelles-Godault, mais la majorité de ses salariés vivaient à côté, à Courcelles-les-Lens. Quatorze ans après, la blessure n'est pas cicatrisée. Les ouvriers sont en colère, contre l'Europe, "la gauche qui les a trahis", ils sont nombreux à voter Front national.

D'anciens ouvriers de Metal Europ Nord se réunissent chaque semaine dans un local de Courcelles-lès-Lens.
D'anciens ouvriers de Metal Europ Nord se réunissent chaque semaine dans un local de Courcelles-lès-Lens. © Radio France / Géraldine Hallot

À Courcelles-lès-Lens, Marine Le Pen a recueilli 44 % des voix dimanche dernier.

Le président de l'association "Chœurs de fondeurs", créé après la fermeture, n'est pas de ce bord. "Le Front national c'est un leurre", dit Albert Lebleu.

L'usine fonctionnait très bien avec les différentes ethnies, avec les marocains et les polonais. (...) Le Front national ne cherche pas à relever le niveau d'éducation populaire. Quelle tristesse !

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