Selon une récente étude de l'Ifop, l'engagement citoyen des moins de 35 ans ne cesse de progresser depuis 2010. Yann Gallic a suivi un jeune bénévole d'ATD Quart Monde. Cette association, qui lutte contre la pauvreté, organise des bibliothèques de rue dans les quartiers populaires.

ATD Quart Monde organise des bibliothèques de rue dans les quartiers populaires.
ATD Quart Monde organise des bibliothèques de rue dans les quartiers populaires. © Maxppp / AltoPress

Aujourd'hui, un jeune Français sur cinq est bénévole dans une association ou une ONG. C’est le cas de Damien, qui a choisi d'offrir son temps et ses compétences à d'ATD Quart Monde. Cette association, qui lutte contre la pauvreté, organise des bibliothèques de rue dans les quartiers populaires, comme celle-ci dans le XIXe arrondissement de Paris. 

Une petite tente plantée au milieu des immeubles, quelques tapis dépliés sur le bitume, des caisses en plastique remplies de livres et de jeux, des gâteaux au chocolat pour le goûter, la bibliothèque éphémère s'installe ici tous les mercredi après-midi avec son équipe d'animateurs comme Damien, 26 ans, il est bénévole au sein de l'association ATD Quart Monde : "On est habituellement à la sortie d'un petit square, en bas des tours. Il y a des enfants qui passent en permanence, certains avec leurs parents, d'autres seuls. C'est gratuit, il n'y a pas d'inscription, ils viennent quand ils veulent et repartent quand ils veulent". 

"L'un des objectifs des bibliothèques de rue c'est de faire disparaître un maximum de barrières entre les enfants et le livre" explique Damien.

C’est le cas d'Emmanuel, il a 10 ans et aime se retrouver ici avec d'autres enfants : "J'aime beaucoup la bibliothèque de la rue. On apprend à lire, on peut faire des jeux". 

"Ma fille vient souvent, elle aime bien lire les livre et jouer et je reste avec elle. On n'a pas ces livres là à la maison, explique cette femme. "C'est plaisant de venir, on voir les autres enfants et d'autres adultes, c'est une bonne initiative pour le quartier."

Pour Damien la bibliothèque est autant utile aux enfant que pour créer du lien social : "On a pas mal d'enfants qui sont là très régulièrement ce qui permet de créer une relation et de rencontrer les parents. Ca nous permet de créer des liens avec les habitants et avec les autres acteurs du quartier et montrer qu'il y a plein de choses qui peuvent être faites dans ce quartier".

Faire du bénévolat mais pas seulement

Damien a terminé ses études d'ingénieur. En attendant de trouver un emploi, il a décidé de s'engager dans le bénévolat, une manière, dit-il, de faire de la politique autrement : "Je m'intéressais beaucoup à la politique, puis je suis passé par une phase de désenchantement. Je ne m'y retrouve plus, j'ai l'impression que les enjeux sont immenses et la réponse pas forcement à a hauteur. J'avais besoin de passer par une phase plus locale, j'étais attaché à l'idée d'agir à son échelle et modifier son environnement. J'ai fréquenté plusieurs associations de styles différents. En ce moment je suis bien investi dans ATD. Je me retrouve dans leurs valeurs et j'ai envie de continuer."

Les jeunes, comme Damien, ont tendance à se détourner du militantisme traditionnel dans les syndicats ou les partis politiques, au profit d'une autre forme d'engagement citoyen.  

"Plus que des discours, les moins de 30 ans veulent des actions concrètes", explique Isabelle Persoz. C'est la présidente de l'association "Tous bénévoles", elle a créé une plateforme sur Internet qui met en relation les bénévoles potentiels avec près de 2 000 associations dans toute la France.

"Nous on a 22 % de jeunes dans nos statistiques qui s'engagent sur notre site", explique Isabelle Persoz, "ils aiment bien ce qui est très concret : la distribution de repas, l'accompagnement de personnes âgées. Beaucoup de jeunes s'engagent aussi dans l'accompagnement scolaire. 

Une solidarité qui peut même permettre d’acquérir de nouvelles compétences explique Isabelle Persoz : "Pour les jeunes trouver un emploi n'est pas forcément évident. Dans une association ils peuvent utiliser ce qu'ils ont fait durant leurs études. Mettre leurs compétences au profit d'une association ça leur fait une première expérience qui est tellement demandée. Grace à ça, Ils font une pierre deux coup : ils font quelques chose d'utile pour la société, ce qui est leur première motivation, mais aussi quelque chose d'utile pour eux."

L'équipe
Nous contacter
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.