Le nouveau centre pénitentiaire d'' Alençon-Condé sur Sarthe
Le nouveau centre pénitentiaire d'' Alençon-Condé sur Sarthe © MaxPPP/Ouest France/Stéphane Geufroi

Le centre pénitentiaire d'Alençon a été inauguré en avril dernier, compte une soixantaine de détenus, et est classée niveau 3, c'est à dire sécurité maximale. Pourtant, la prison de Condé sur Sarthe a été le théâtre d'une vingtaine d'incidents graves depuis son ouverture : agressions au poinçon ou au couteau, mutineries et prise d'otage.

La directrice de l'administration pénitentiaire se rend lundi à Alençon dans cet établissement où l'administration pénitentiaire n'affecte plus de détenus depuis la prise d'otage du 30 décembre 2013. La prison de 204 places ne compte pour l'instant que 67 détenus, arrivés progressivement depuis l'ouverture.

Un surveillant rencontré devant cette prison massive, impressionnante, confie venir travailler avec la peur au ventre Pourtant, il a 20 ans de pénitentiaire et six établissements derrière lui.

Même appréciation de la situation pour le délégué FO, Nicolas Santini, 12 ans de carrière

C'est la prison la plus sécuritaire de France mais aussi la plus violente

Des gardiens sur la défensive, dans la prison la plus sécuritaire de France, ça fait désordre. Mais y a t-il une explication à cette violence, dans une prison bourrée de caméras, de brouilleurs, de dispositifs technologiques ?

La première explication semble être le régime carcéral lui même. Condé-sur-Sarthe, c'est un sas punitif de hui ou neuf mois pour des détenus qui ont ailleurs tenté de s'évader, ou qui se rebellent régulièrement.

Une avocate évoque un quartier d'isolement géant, des familles parlent de déshumanisation. Ce que confirme Noëlle, dont le conjoint est incarcéré là bas

Tout est neuf mais contrairement aux autres centrales, les portes sont tout le temps fermées donc il est tout le temps enfermé

Solitude, difficulté d'obtenir des parloirs, tout semble fait pour peser sur le moral des détenus

La nouvelle prison de Condé-sur-Sarthe accumule les actes de violence
La nouvelle prison de Condé-sur-Sarthe accumule les actes de violence © MaxPPP/Ouest France/Stéphane Geufroi
Les familles se plaignent aussi des difficultés pour obtenir des parloirs, ou pour simplement se rendre à Condé. Les prisons modernes sont en effet construites en dehors des agglomérations, donc pas de desserte en transports en commun. Tout cela joue sur le moral du détenu. **Mais la situation exaspère aussi les surveillants. Un seul par aile de bâtiment, insuffisant, surtout si on veut être humain, d'après Nicolas Santini, délégué FO** > Il faut remettre du personnel en contact avec les détenus
A Condé-sur-Sarthe personne ne croit à des renforts. Peut être les portes des cellules seront-elles désormais ouvertes en journée, comme ailleurs et dans ce cas, la raison d'être de la prison de Condé, ce niveau 3, n'existe plus. Surtout si elle se met à accueillir des détenus aux profils plus classiques qu'actuellement. Au delà de cette prison en particulier, l'Observatoire International des Prisons demande un changement de doctrine pénitentiaire. C'est ce qu'explique l'avocate Delphine Boesel. Administratrice de l'OIP elle a quelques clients à Condé sur Sarthe et milite pour une sécurité dynamique, centrée sur l'humain, par opposition à une sécurité passive, qui mise sur les dispositifs technologiques. **Delphine Boesel, administratrice de l'Observatoire International des Prisons** > Le budget prévoit des filets, de la vidéo-surveillance mais pas des activités ou des professeurs
**L'administration pénitentiaire, contactée à plusieurs reprises, n'a pas souhaité répondre à nos questions.**
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