Les espaces de coworking, espaces de travail partagés où chacun vient travailler à la carte, fleurissent en France : 900 dans les cinq dernières années.

espace de coworking à Malakoff
espace de coworking à Malakoff © AFP / FLORIAN DAVID

Rencontre avec ces "néo nomades" ces "sans entreprise fixe" qui ont choisi de réinventer leur rapport au travail dans un espace partagé.

Direction "les studios singuliers" espace de coworking associatif rue René Clair dans le 18e arrondissement de Paris. Ambiance studieuse, mais détendue. Une vingtaine de coworkers travaillent ici à l'année. Ils sont graphistes, éditeurs, start-uper, photographes ou même DRH.

Plusieurs centaines d’entre eux ne passent que quelques heures par semaine dans ces espaces de coworking, comme Hervé, 40 ans consultant en communication qui se réjouit de s'être émancipé de la routine des grandes entreprises. Grâce au coworking il est aujourd'hui travailleur indépendant, sans bureau et sans attaches professionnelles.

Hervé 
Il y a des journées ultra nomades, j’ai un espace de coworking principal, celui-ci le studio singulier, mais ça m’arrive de faire plusieurs espaces dans la même journée. Chaque journée est différente, c’est très différente d’un job de salarié classique où on se rend chaque jour au même endroit.

D’où l'idée de rendre ces espace de coworking les plus libres et modulables possible selon les besoins et les envies de chacun.

Vanessa est éditrice et trouve ici les même ressources que dans une entreprise classique : conseil juridique, communication, salle de réunions pour recevoir des clients : un environnement indispensable pour survivre quand on est travailleur indépendant.

Moi j’ai passé trois ans chez moi en tant qu’indépendante et c’est dur parce que vie professionnelle et vie privée se mélangent tout le temps. On a envie de voir du monde. On s’enferme dans son métier alors qu’en coworking, avec des compétences très différentes, on va s’ouvrir aux autres.

De pause déjeuner en pause-café, chacun apporte ici ses projets et ses idées. Clémentine, graphiste, finalise avec Vanessa un guide touristique pour une grande maison d'édition. Le projet est né ici, sur un coin de table. L’espace de coworking ouvre beaucoup de possibilités et de libertés, expliquent Clémentine et Vanessa. Travailler avec qui elles souhaitent selon leurs envies et leurs projets, loin des contraintes de l'entreprise et des collègues imposés.

Ce choix là c’est de décider avec qui on va vouloir travailler et de quelle manière. La grosse différence avec une boite classique c’est que je vais expérimenter plein de façon différentes de travailler, c’est une vraie liberté, par rapport à une boite classique, on vient travailler avec envie.

Il n’y a aucune hiérarchie, on est tous au même niveau si demain je n’aime pas ce que fait Camille la graphiste, j’irai voir un autre graphiste dans l’espace et Camille ne va pas se vexer car c’est comme ça qu’on bosse.

Au prix d'une grande flexibilité et de salaires un peu en dessous d'un salariat classique, mais tous les coworkers rencontrés ici ont précisé qu'ils leur seraient impossible de revenir travailler dans une grande entreprise comme simples salariés.

Les grandes entreprises s'intéressent de plus en plus à cette nouvelle organisation du travail en espaces partagés

Le coworking est devenu, comme le télétravail, une soupape pour faire retomber la pression dans les grands groupes, avec une nouvelle génération de salariés qui n’entend plus forcément travailler de 8h à 20h dans un même bureau à l'année. Le coworking est déjà en place chez Bouygues, L'Oréal ou Sanofi.

Delphine est dessinatrice et préfère payer 200 euros par mois pour venir travailler tous les jours dans cet espace partagé alors qu’elle pourrait travailler à la maison.

Pour moi c’est une vrai récréation de travailler ici, un plaisir, on n’est pas des collègues mais des gens qui sont heureux de se retrouver. Rien à voir avec les contraintes d’une entreprise. Je travaille mieux et beaucoup plus vite car quand on est dans un espace que vous payez… et bien vous bossez.

Aux studios singuliers, la moyenne d'âge est autour de 35 ans et le doyen, Hervé, a 66 ans. Il n'y a donc pas de limite d’âge pour devenir coworker.

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