En Russie la hiérarchie ecclésiale adopte régulièrement des positions conservatrices, en appui des décisions du Kremlin

Vladimir Poutine prononce un discours sur la signature de l'accord de réunification de l'église orthodoxe en la cathédrale du Christ-Sauveur à Moscou en 2007.
Vladimir Poutine prononce un discours sur la signature de l'accord de réunification de l'église orthodoxe en la cathédrale du Christ-Sauveur à Moscou en 2007. © AFP / DMITRY ASTAKHOV / ITAR-TASS / AFP

L'Église orthodoxe est fortement liée au pouvoir russe et ce n'est pas un secret. Vladimir Poutine revendique d'ailleurs ouvertement ses croyances et assiste régulièrement aux grands offices. Pour le maître du Kremlin, l'identité nationale passe par aussi par la religion orthodoxe.

Une cause commune

"L'Église devient un instrument de l'État, tout le monde le sait." explique Alexei Malachenko. Pour le directeur de recherche au Centre de Dialogue des Civilisations à Moscou, en cas de crise économique ou sociale en Sibérie par exemple, c'est "l'Église qui va aider l'État. Si un gouverneur perd son autorité son influence, à qui il va s'adresser ? Et bien à l'Église. Non pas pour le défendre, mais pour expliquer [aux gens] : il faut attendre, nous sommes des russes, des orthodoxes, la tolérance c'est important". En fait dans ces cas là, l'idéologie officielle est tout à fait proche de l’idéologie religieuse, "comme des sœurs" précise Alexei Malachenko.

Des points de vue nuancés

Cependant toute la hiérarchie de l'église orthodoxe n'est pas en adéquation avec cette relation entretenue avec le pouvoir politique. En particulier "en bas de l'échelle". C’est le cas au sein du monastère Danilovski, le plus vieux de Moscou. Pour le père Diermogène, il est primordial pour l’église orthodoxe russe de garder une certaine distance avec le Kremlin car "chacun peut choisir son opinion. Le patriarche n'est pas le Pape". Car dans les esprits explique le père, "quand on dit l'Église soutient l'État, tout le monde pense : l'Église soutient Poutine" et le président russe est critiquable pour lui, notamment au niveau de sa politique économique et de la corruption dans le pays.

"On est pas parfait." - le père Diermogène.

L'Église orthodoxe n'est pas parfaite non plus reconnaît le père Diermogène, "mais il faudra du temps". Au moins deux générations selon lui, pour changer les mentalités et gagner d'avantage d'indépendance vis à vis du pouvoir politique, quel qu’il soit.

L'équipe
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.