Tony Blair quitte donc la scène politique britannique officiellement aujourd’hui. Il remettra sa démission à la reine cet après-midi, reine qui nommera ensuite Gordon Brown comme premier ministre. Le départ de Blair était annoncé de longue date, depuis septembre dernier. Alors au final peut-on dire que Tony Blair a réussi sa sortie ? Si on revient 8 mois en arrière, on peut dire oui. Parce qu’à ce moment là beaucoup ne donnaient pas cher de sa peau. Il faisait face à la révolte d’une partie de ses troupes. Or il a finalement choisi sa date de départ, et la tension au labour est retombée comme l’explique Charles Grant, directeur à Londres du center for european reform (interview). Alors Tony Blair parti, que retiendra-t-on de son bilan ? Difficile de faire le tri sans avoir de recul, mais Philippe Marlières, universitaire et politologue à Londres estime qu’il sera en demie teinte (interview). Et on constate déjà une chose. Tony Blair s’en va et les sondages sont de nouveau favorables au parti travailliste. C’est notamment ce que montre une enquête parue dans « The Observer ». David Cameron, le leader conservateur qui depuis plusieurs mois devançait Gordon Brown se voit maintenant distancé. L’opinion rejetait-elle Tony Blair avant de rejeter le parti travailliste ? C’est possible, mais pour David Curry, député conservateur, Gordon Brown profiterait aussi d’un effet médiatique (interview). Alors Gordon Brown arrive, mais Tony Blair pourrait continuer d’occuper la scène internationale. On parle de lui comme émissaire du quartet qui réunit les Etats-Unis, la Russie, l’Europe et l’ONU pour œuvrer à la paix au Proche-Orient. Ce serait un surprenant retournement : lui l’homme de la guerre en Irak devenant l’homme de la paix en Palestine. Bon, il y a une certaine cohérence là-dedans puisque Blair a toujours considéré que la situation au Proche-Orient était un facteur aggravant de la crise irakienne. Mais Michael Binion, qui est journaliste politique au « Times » pense que cela ne sera pas facile pour lui (interview). Et n’oublions pas que Tony Blair avait été mal perçu dans les pays arabes pour s’être tu l’été dernier pendant l’intervention israëlienne au Liban. On dit aussi que Tony Blair pourrait se convertir au catholicisme. Il en a parlé avec le Pape en audience privée. Mais l’audience aurait été assez sèche, Benoit XVI lui reprochant et sa politique en Irak et la question de l’adoption pour les couples Gay. Il lui aurait donc dit, d’acccord pour une conversion, mais en privé, et sans publicité. Un dossier de Jacques Monin, à Londres, en Grande-Bretagne.

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