Le 30 mai dernier, le fils d'un restaurateur chinois était passé à tabac dans ce quartier populaire de l'est parisien ; il est toujours plongé dans le coma. Ce lynchage a provoqué un profond émoi dans la communauté chinoise, victime d'agressions à répétition. Fait exceptionnel, des dizaines de milliers de Chinois ont exprimé leur colère il y a une semaine, lors d'une grande manifestation. Un reportage signé Géraldine Hallot. La communauté chinoise n'a pas la culture de la manifestation, loin de là, alors quand on voit qu'ils étaient des milliers à défiler le 19 juin et que l'an dernier déjà, ils avaient manifesté en nombre, on mesure l'étendue du malaise. "Marre d'être pris pour cible" disent les Chinois de Belleville.

Nous nous sommes rendus dans les locaux d'une petite association qui aide les victimes d'agression, difficiles à quantifier. A la Préfecture de police de Paris, on nous dit qu'elles sont fréquentes à Belleville. Mais il n'existe pas de statistiques en fonction du pays d'origine des victimes qui, d'ailleurs, ne portent pas toujours plainte.Délinquance d'opportunité ou actes délibérément racistes ? Ce qui motive les agresseurs, en premier lieu, c'est l'appât du gain. Les commerçants chinois sont particulièrement visés en fin de semaine, au moment où ils apportent leur recette à la banque. Une délinquance crapuleuse qui fait son nid sur des préjugés racistes.Alors pour la première fois, la communauté chinoise a décidé de lever le voile sur ces agressions et de s'exposer, dans des manifestations et dans les médias. Autant les anciennes générations vivaient entre elles et de manière très discrète, autant les jeunes Chinois veulent se faire entendre.

La Préfecture de police a, semble-t-il, pris la mesure du problème. Depuis janvier, une brigade spécialisée de terrain avec 30 policiers a été installée dans le quartier de Belleville, sauf qu'elle est présente surtout en journée et très peu la nuit.

Restaurant chinois à Paris
Restaurant chinois à Paris © wallyg
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