C’est un déménagement pas comme les autres : le 36, quai des Orfèvres, siège historique de la PJ à Paris, s’installe au 36… rue du Bastion. Et s’offre une bonne cure de jouvence.

La façade du "Nouveau 36", inspirée d'une toile de Sisley, "Vue du canal Saint-Martin", est à l'épreuve des balles.
La façade du "Nouveau 36", inspirée d'une toile de Sisley, "Vue du canal Saint-Martin", est à l'épreuve des balles. © Radio France / Emmanuel Leclère

En septembre prochain, 1 700 policiers seront regroupés dans le quartier des Batignolles, à Paris. Autrefois dispersés dans la capitale, la brigade criminelle, l'antigang, la répression du banditisme, la protection des mineurs, l'identité judiciaire et les affaires économiques et financières auront rejoint un site unique à l’adresse toute symbolique : 36, rue du Bastion, dans le 17e arrondissement parisien.

La page sera alors tournée sur cent ans d’histoire de la direction régionale de la police judiciaire de Paris, avec un souci de modernisation et de sécurisation.

Sécurité renforcée

A la PJ, la concentration de prévenus, de pièces à conviction et de dossiers sensibles impose une sécurité renforcée. Dans le "Nouveau 36", cela commence par de hautes grilles, qui protègent une façade façade ciselée – dix étages de panneaux de verre – à l'épreuve des balles de fusil d’assaut et autres explosions violentes.

Evidemment, pour un flic du "36", passer la grille – à pied où en voiture, pour rejoindre l’un des quatre sous-sols – implique de présenter un badge et de se soumettre à un système de reconnaissance biométrique. Mais la circulation à l’intérieur du bâtiment, découpé en zones étanches, est cantonnée aux besoins de chacun, des sas limitant l’accès aux lieux les plus sensibles, tels l’armurerie ou l’état-major.

Parcours rationalisés

Côté prévenus – pour mémoire, la PJ parisienne a traité 9 666 crimes et délits en 2016 –, les itinéraires prévus interdisent les rencontres intempestives, avec leurs victimes par exemple. Ils sont conduits directement des parkings à leurs cellules, placées sous vidéosurveillance, comme le reste de l’édifice (près de 350 caméras), et sont reçus dans des locaux d’audition, distincts des bureaux des policiers.

Deux étages accueillent des cellules individuelles et collectives, toutes (hors cellules dédiées aux mineurs) équipées de caméras.
Deux étages accueillent des cellules individuelles et collectives, toutes (hors cellules dédiées aux mineurs) équipées de caméras. © Radio France / Emmanuel Leclère

L’utilisation de la visioconférence, avec les magistrats par exemple, peut également limiter les déplacements des prévenus. Des salles sont prévues à cet effet.

Confort et frugalité

La PJ passe d’un bâtiment vétuste, inadapté, inconfortable et coûteux à 32 000 mètres carrés d’espaces climatisés et respectueux de l’environnement. Ici, on capte l’énergie solaire grâce à 600 mètres carrés de panneaux disposés sur le toit et on récupère les eaux de pluie pour laver les véhicules.

Bonus pour les premiers arrivants : ils ne seront pas dérangés par les ondes électromagnétiques, faute de couverture satisfaisante par les principaux opérateurs. A ce stade, les téléphones portables ne fonctionnent pas partout dans le nouveau 36. Mais le problème devrait être réglé d’ici à la fin de l’été.

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