Au terme de 10 jours de compétition, c’est un palmarès audacieux qui vient couronner une sélection de très bon niveau cette année.

Audacieux aussi de la part de Spielberg et de son jury, d’avoir attribué la palme d’or à un film qui traite de sexe aussi explicitement que « La vie d’Adèle » d’Abdellatif Kechiche…

Le film raconte avec une caméra à même la peau, une histoire d'amour et de désir fou entre deux jeunes femmes. Kechiche saisit leur fusion avec une audace qui à maints égards rappelle celle d'un Courbet en son temps. D'une caméra très sûre, il ose des sexes offerts, il érotise le spectateur tout en parvenant à conserver une pudeur, une moralité, une distance qui fait la différence entre une provocation et une véritable proposition de cinéma.

Et il y a d’autres films, qui méritaient selon vous de figurer au palmarès ?

Absolument. Par exemple, je ne suis pas convaincue par la performance de Bérénice Béjo dans Le Passé d'Asghar Farhadi dont je ne pense pas par ailleurs qu'il soit son meilleur film. Quant au prix d'interprétation masculine, il revenait selon moi sans conteste à Michael Douglas, irrésistible en star du music hall gay chez Soderbergh. Liberace , ce film d'une liberté inouïe que les Américains ont interdit d'accès en salles aurait mérité la main secourable et inspirée du festival de Cannes.

Retour en images sonores sur cette 66ème édition cannoise, par Jérôme Chélius.

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