Cette année, 22 500 enseignants du second degré ont demandé leur mutation. Cela représente 5 % du corps professoral. Tous ont formulé leurs voeux en septembre et viennent d'obtenir leur réponse. Tous les ans au mois de mars, pendant quelques jours, le SNALC, le syndicat national des collèges et lycées, le 2ème syndicat le plus représenté chez les enseignants, se transforme en véritable ruche. Une trentaine de permanents sont chargés de prévenir les enseignants (son à la permanence téléphonique) Le mouvement de personnels se fait en deux temps : en mars pour l'affectation dans une académie, en juin pour la nomination sur un poste dans un établissement. Cette année, 44% des enseignants titulaires ont obtenu leur mutation académique. Mais attention, c'est une moyenne car les résultats sont très différents selon les académies. Paradoxalement, il est plus difficile aujourd'hui d'aller à Rennes qu'à Nice. Albert Jean-Mougin, commissaire paritaire pour le SNALC, dresse la liste des académies les moins accessibles (interview). Les difficultés varient aussi selon les disciplines enseignées. L'education physique et sportive est de loin la plus inaccessible. 27% seulement des professeurs d'EPS obtiennent leur mutation. Viennent ensuite les langues rares et les disciplines techniques. Pour augmenter ses chances de mutation, il faut augmenter ses points. Une demande de mutation pour se rapprocher de son conjoint et à fortiori de ses enfants donne la bonnification la plus importante. Mais ce sont aussi les cas les plus douloureux. Laurent Marconsini est vice-président du SNALC (interview). Autres critères pris en compte, le handicap. Mais aussi les conditions difficiles d'enseignement, comme le précise Thierry Le Goff, Directeur des Ressources humaines au ministère de l'Education nationale (interview). Les suppressions de postes prévues pour la rentrée ont eu des conséquences sur le nombre de mutations. Il y a un léger tassement des taux de mutation et par exemple, des académies peu attractives jusque-là mais qui perdent beaucoup de postes cette année deviennent moins accessibles. (Interview de Thierry Le Goff.) Strasbourg devient également plus difficile à obtenir en raison des suppressions de postes. Une enquête de Sonia Bourhan.

Mots-clés :
Nous contacter
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.