Dilma Rousseff lors de sa victoire au premier tour
Dilma Rousseff lors de sa victoire au premier tour © Reuters

La présidente de gauche Dilma Rousseff, réélue avec un score étriqué, va devoir comme elle l'a promis dimanche soir s'atteler dès aujourd’hui à réconcilier un pays divisé, donner des gages sur l'économie et la corruption.

Le coup est passé très près, mais la gauche brésilienne a su se mobiliser pour rester au pouvoir Le Brésil reste entre les mains du Parti des Travailleurs que Lula avait conduit au pouvoir en 2002 et qui se maintiendra donc à la tête de la 7ème économie mondiale jusqu’en 2018. Et cela grâce à une forte mobilisation de la base, notamment du peuple qui a bénéficié des aides sociales mise en place par le gouvernement. Un soutien qu’elle n’oubliera pas…

Une réélection… doit être comprise comme un vote d’espoir offert par le peuple pour que le gouvernement s’améliore : c’est ce que je retiens de cette élection. Pour cette raison je veux être une présidente meilleure que celle que j’ai été jusqu’ici

C’est précisément ce qu’observeront certains de ces sympathisants que nous avons croisé dans le quartier de Flamenge, des Brésiliens qui font partie de cette classe moyenne, celle qui a fait basculer le scrutin. Des électeurs exigeants qui ne veulent pas se contenter des quelques avancées obtenues depuis douze ans. Les secteurs de la santé mais aussi celui de l’éducation sont pointés du doigt.

Même si tous ces soutiens ont permis à Dilma Rousseff de rester au pouvoir, de nombreuses revendications demeurent. De nombreux chantier auxquels elle devra s’atteler dans un contexte largement moins clément que celui dont elle avait hérité en 2010. Notamment parce que le pays est proche de la récession et que la croissance brésilienne est en panne. C’est ce qu’observe l’économiste du parti social démocrate Edmar Bacha : "Le Brésil a bénéficié de l’augmentation des prix des matières premières et de l’arrivée des investisseurs étrangers depuis 2004. La plupart de cet argent a été dépensé, notamment pour réduire la pauvreté. Mais pour l’essentiel des travaux d’infrastructures dont le pays avait besoin, rien n’a vraiment été fait… "

Réformer la loi électorale

Un autre grand défi que devra relever Dilma Rousseff et auquel elle s’est engagée après les manifestations de juin 2013 est d’entamer une réforme politique, une réforme de la loi électorale pour se donner les moyens de lutter contre la corruption. Un quotidien de Sao Paulo affirmait il y a quelques jours qu’entre 2007 et 2013, près de 150 millions d’euros avaient été versés par les grands groupes de construction brésiliens aux six principaux partis politiques. Dilma Rousseff devra changer la donne en tentant de convaincre un Congrès de plus en plus conservateurs.

Reportage d'Olivier Poujade et Nicolas Mathias après la victoire de Dilma Roussef

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