Bernard Cazeneuve s’est rendu au camp de réfugiés syriens à Zahlé, dans la vallée de la Bekaa, au Liban
Bernard Cazeneuve s’est rendu au camp de réfugiés syriens à Zahlé, dans la vallée de la Bekaa, au Liban © MaxPPP/EPA/Lucie PARSAGHIAN

1.000 réfugiés arriveront des camps du Liban et de Jordanie d’ici la fin de l’année en France. Une quinzaine d’agents de l’OFPRA parcourt en ce moment ces camps pour auditionner les candidats à l’asile.

Les réfugiés vivent principalement dans la Plaine de la Bekaa... Traditionnellement, Zalhé, à 30 km de la frontière, accueillait les travailleurs saisonniers syriens, depuis la guerre, ils se sont installés avec leur famille dans des conditions précaires. " C'est très difficile, les tentes ne sont pas assez épaisses contre la pluie, le vent et la neige, tout le monde sait que c'est très dur ici ", témoigne un réfugié sous une tente.

On ne se sent bien ni en Syrie bien sûr, ni ici au Liban, mes enfants n'ont plus envie d'aller à l'école, les autres élèves se moquent d'eux car ils sont réfugiés, nous ne sommes pas à l'aise ici et si j'avais eu les moyens, j'aurai pris le risque de partir en bateau pour n'importe quel pays

L'hiver, le froid tue ici : -15 degrés l'an dernier , malgré l'aide du Haut Commissariat aux réfugiés qui distribue des isolants pour les tentes... Le HCR enregistre, oriente et paye l'école et une partie des soins.

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ref1 © Radio France / Mathilde Dehimi

Amar vient déposer son dossier pour une aide alimentaire. Son fils est malade, sa femme blessée pendant la guerre : " On ne se sent bien ni en Syrie bien sûr, ni ici au Liban, mes enfants n'ont plus envie d'aller à l'école, les autres élèves se moquent d'eux car ils sont réfugiés, nous ne sommes pas à l'aise ici et si j'avais eu les moyens, j'aurai pris le risque de partir en bateau pour n'importe quel pays."

200 dollars par tente

Comme tous réfugiés au Liban, Amar n'a pas le droit de travailler. Alors dans certaines familles, ce sont les enfants qui s'en chargent pour pouvoir payer un loyer de 200 dollars par tente. Amar, comme d'autres Syriens pauvres, sera peut-être identifié par le Haut commissariat aux réfugiés pour venir en France. Ce dernier fait une première sélection de 300 personnes, puis c'est la France, l'OFPRA qui prend le relais et retient seulement 250 personnes sur ces critères de vulnérabilité.

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ref3 © Radio France / Mathilde Dehimi

L'office français de protection des réfugiés est venu spécialement au Liban pour mener des entretiens et accélérer les procédures. Les officiers écoutent, recoupent, vérifient les histoires. Exceptionnellement au Liban l'OFPRA reçoit l'aide de la police française sur certains dossiers...

Sirina et Mohammed font partie des 300 sélectionnés

Pour Sirina et Mohammed, la promesse de vivre en France se concrétise. Ils font partie des 300 présélectionnés. "La France, c'est un très beau pays, un pays sûr, un pays romantique... ", explique l’une, tandis que lui, s’il reconnaît ne pas connaître la France, assure connaître beaucoup de Syriens. "Eux, dit-il, nous disent que les Français respectent les autres et ont un grand coeur".

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ref2 © Radio France / Mathilde Dehimi

1.200.000 réfugiés en attente d'une vie meilleure

Si leur dossier est validé, ils seront hébergés en France dans quelques mois... Venu vérifier ce dispositif, le ministre de l'intérieur Bernard Cazeneuve a annoncé hier sa prolongation devant son homologue libanais. Mille réfugiés syriens seront donc à leur tour choisi l'an prochain par la France... Au Liban, ils sont un 1.200.000 réfugiés en attente d'une vie meilleure, soit un quart de la population libanaise.

Un reportage de Mathilde Dehimi

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