De plus en plus de Français tentent de s'implanter dans la Silicon Valley. Pour ça, Business France, agence rattachée à l'Etat tente de les aider.

Business France, agence rattachée à l'Etat, tente d'aider le français à s'implanter dan la Silicon Valley
Business France, agence rattachée à l'Etat, tente d'aider le français à s'implanter dan la Silicon Valley © Business France/Clément Moulet

C'est le cas en ce moment. Cinq start-up françaises spécialisées dans le tech agricole sont actuellement en Californie pour vanter leurs produits et s'essayer au business model américain. Ce qui n'est pas toujours évident. Maxime Debs a fait le voyage avec ces frenchies à la conquête de l'Amérique. Cette Amérique qui fait rêver et où beaucoup tentent de percer.

San Francisco, fief d'Apple et de toutes les innovations est donc un passage obligé. Pour Aude Guivarch, de Business France, Si nos frenchies veulent décoller ils n'ont d'autre choix que de s'y imposer : "C’est ici que tout naît, de manière générale en Amérique du nord. Si on veut amener quelque chose de nouveau sur le marché, il faut être ici à Saint Francisco."

Et des choses nouvelles, nos starts-ups françaises en ont à offrir. Mais encore faut-il savoir se vendre. Là-bas, tout le monde vous le dira : la deuxième chance n'existe pas. Il faut arriver préparé, blindé. C'est pour ça que Business France propose de les faire coacher par une gourou du marketing dans la Silicon Valley. Son nom : Page Alloo. 30 ans d'expérience auprès des plus-grands : Apple, Google... Pour elle, les longs discours ne mènent à rien, il faut aller à l'essentiel.

Page Alloo : "Vous ne pouvez pas arriver ici et dire que vous allez vendre n'importe quoi ! Il faut avoir bien étudié la chose avant. Avoir une solide approche de comment vous allez séduire vos clients. Comment vous comptez les attirer. Il y a des techniques pour ça et sans elles, ça ne marche pas. C'est encore plus vrai aux Etats-Unis."

Parmi ces techniques : parler du match de basket de la veille à votre interlocuteur est un plus. Mais surtout penser à faire court et convaincant. Le premier à s'essayer, c'est Jérémie, 44 ans, ancien publicitaire. Convaincu que numérique et agriculture seront liés à l'avenir. Mais la conviction, il le sait, ici, ça ne suffit pas. "On n’est pas là pour rigoler mais pour porter des bénéfices aux clients, on a bien senti le souffle de la 'valeur client nous envahir'…"

Après l'entraînement, la réalité. Une fois coachés, nos startupers sont placés en situation concrète, confrontés à des investisseurs potentiels de la Silicon Valley.

Paolin a créé il y a deux ans, Agriconomie, une plateforme où peuvent se rendre les agriculteurs pour comparer les prix des machines dont ils ont besoin. Il est le premier à s'élancer. Dans sa présentation, le jeune homme joue la carte de l'humour. Une image d'agriculteur nu allongé au milieu des cochons. Hilarité dans l'assistance. Ça marche. L'un des investisseurs dans la salle mord à l'hameçon. Est-il intéressé ? Eh ben, pourquoi pas.

Une affaire qui roule si bien pour certains, qu'il arrive parfois (de bonne guerre) que les américains récupèrent le concept élaboré par de jeunes français. Baptiste Tellier travaille pour un fonds d'investissement aux Etats-Unis depuis cinq ans. "Ça peut arriver, les entreprises qui sont là on ne leur jette pas de la poudre aux yeux, c’est vraiment possible et nous la semaine prochaine on va rencontrer deux de ces entreprises et un investisseur américain pourrait très bien investir dans une entreprise française."

Voir une start-up française passer sous pavillon américain, c'est effectivement un risque. Business France qui leur met le pied à l'étrier le sait d'ailleurs très bien. Ça fait partie du deal pour Aude Guivarch et il faut s'y préparer. "A partir du moment où on sort de France il y a clairement le risque que quelqu’un racheté l’entreprise et que ce soit un américain. On vit avec cette idée en espérant toujours que la recherche et développement reste en France." La R&D, autrement dit, tout ce qui relève de l'innovation. La plupart du temps, elle reste effectivement chez nous. Et c'est là, notre avantage, les salaires des ingénieurs étant bien souvent démesurés dans la Silicon Valley.

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