C'est un objet pour l'instant virtuel de conception militaire française mais qui pourrait très vite porter les couleurs de l'Union Européenne.Son nom : "RECAMP 5". Il s'agit du nouveau programme de Renforcement des Capacités Africaines de Maintien de la Paix pour les 2 ans à venir. Une quarantaine de pays susceptibles de contribuer à ce programme sont venus découvrir « RECAMP 5 » hier à Paris. Ils ont pu voir ainsi comment la France entend concrétiser un changement de stratégie sur une partie de son engagement militaire en Afrique. Les cycles RECAMP sont l'un des symboles de cet engagement militaire français en Afrique. Ce sont des programmes qui ont débuté il y a 10 ans maintenant. L'objectif étant d'aider à la création de forces africaines de maintien de la paix. En résumé, ce sont par exemple des formations notamment pour des officiers amenés à s'intégrer dans des états majors mais il y a aussi la fourniture de matériel militaire. Pour le prochain cycle, le cinquième du nom, il va donc falloir recréer des dizaines de formations, réalimenter les 3 principaux dépots de matériels et de munitions actuels qui sont quasiment vides. La France ne veut plus - ne "peut" plus - y aller seule. C'est ce que dit très clairement Pierre André Wiltzer, le haut représentant français pour la sécurité et la prévention des conflits. Il présidait la conférence qui s'est tenue hier à Paris. Le contexte c'est aussi l'expérience de la Côte d'Ivoire. Ce qu'explique Antoine Glaser, historien, journaliste, auteur du récent ouvrage intitulé "Comment la France a perdu l'Afrique." Et la solution serait un concept RECAMP avec un label 100 % union européenne d'après des observateurs présents hier à Paris. Et cela pourrait aller très vite si l'on en croit Benoit Dejoue. Il faisait partie de la délégation venue de Bruxelles. En attendant, Paris espère convaincre le plus grand nombre d'états de l'union européenne à s'investir individuellement. Les réponses sont attendues dans les 4 semaines à venir mais d'autres pays seraient très favorables au projet selon Nelson Cosme, le représentant de la communauté économique des états d'afrique centrale. Les responsables africains recontrés évoquaient tous l'importance de l'engagement des pays du nord de l'europe dans RECAMP - une question là encore de légitimité car ce sont des pays qui n'ont pas d'histoire coloniale avec l'Afrique. On comprend bien l'importance de cette caution européenne pour Paris à travers ce projet RECAMP. Mais jusqu'où peut aller ce virage stratégique quand on connaît les relations trés particulières de la France avec de nombreux pays africains. Certains stratèges militaires français avaient confié hors micro la semaine derniere que RECAMP serait le pretexte à un vaste redéploiement des forces françaises en Afrique avec fermeture envisagée de plusieurs bases, en particulier du 43 eme BIMA à Abidjan. Hier Jean-François Bureau, le porte parole du ministère de la défense n'avait pas du tout la même version. On a donc les deux versants actuels de la position française en Afrique : d'un côté, la recherche d'une caution européenne et de celle de l'union africaine ; de l'autre, pas touche aux accords billatéraux. Antoine Glazer le dit d'une autre façon. Le projet RECAMP, les relations entre Paris et le continent Africain, un sujet qui sera de nouveau abordé lors du prochain sommet France Afrique début décembre à Bamako au Mali. Un dossier d'Emmanuel Leclere, journaliste au service Etranger de France Inter.

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