En théorie, dès le 1er janvier prochain, la cigarette sera interdite dans les lieux publics. Pour appliquer cette mesure au plus vite, un décret devrait être adopté dès cet automne. Cet après-midi, la mission parlementaire, chargée de rédiger des propositions, finit ses auditions avec la dernière, celle de Xavier Bertrand, le ministre de la santé. Cette mission rendra public son rapport mercredi prochain. Des aménagements sont en dicussion, pour des dérogations dans les bars-tabac, boites de nuit et casinos. Partout ailleurs, adieu cigarettes ! Comment les fumeurs se préparent-ils à cette échéance ? Ambiance. Nous sommes dans le cabinet du docteur Anne Borgne - Hôpital Jean Verdier, à Bondy, en Seine-Saint-Denis. Un Minuscule bureau. Une équipe plutôt réduite. En 89, quand la structure est créée, c'est quasiment dans l'indifférence. A l'époque, le fumeur est Roi. Maintenant, le fumeur est dépendant. Et n'hésite plus à demander de l'aide pour décrocher. C'est toujours le même phénomène à l'hôpital Jean Verdier. A chaque étape du plan anti tabac, le cahier de consultations est bien rempli. Sophie DARCY est infirmière dans le service tabacologie (interview). Alors qui sont les fumeurs qui viennent en consultation dans les hopitaux ? Les plus motivés, certainement, mais aussi les plus fragiles devant la cigarette. Comme Paulette, ancienne directrice d'école. Fumeuse depuis toujours. Elle vient dans le cabinet du Dc Borgne, depuis 2 ans. Faible dépendance à la nicotine. Enorme dépendance psychologique (interview). Cela dit, ce genre de témoignage n'est pas majoritaire. Toutes les enquêtes l'ont montré. Environ la moitié des fumeurs sont favorables à l'interdiction de fumer dans les lieux publics. Les mentalités ont évolué. En 3 temps disent les spécialistes. D'abord les augmentations en série de 2003. Juin 2005 et un arrêt de la cour de cassation, qui oblige les employeurs à protéger leurs salariés contre les méfaits du tabagisme passif. Et enfin, tous ces derniers mois : avec l'exemple de nos voisins européens. Brigitte. Un paquet par jour. Plusieurs tentatives pour arrêter et toujours la reprise. Elle attend le décret, le déclic pour elle (interview). Changement de décor maintenant, dans les entreprises. Comment ça se passe ? Est-ce-que là aussi, on essaie d'anticiper les changements que le décret devrait impliquer ? Alors pour ça, il y a l'OFT, l'office français de prévention du Tabac, qui peut aider les entreprises à préparer le virage anti tabac. Une dizaine de médecins qui font le tour des sociétés. Soit pour simplement informer, soit pour proposer une aide à l'arrêt aux salariés, ou même penser à l'aménagement d'espaces fumeurs. Là encore, vu le contexte, les demandes explosent. Le docteur Laura Munoz, médecin à l'OFT (interview). Un regret cependant pour les médecins à l'OFT, c'est que très peu de PME sont concernées. Les salariés y sont moins, beaucoup moins bien protégés que dans les grosses structures. A condition que dans ces sociétés importantes, le réglèment soit appliqué... Un dossier de Vanessa Descouraux. Et « Le téléphone sonne », d’Alain Bédouet, ce soir à 19 h 20, aura pour thème : « La dernière cigarette ? Questions sur le projet d’interdiction de fumer dans tous les lieux publics. »

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