Par Yann Gallic Le 16 juillet dernier, la Villeneuve s’est embrasée après la mort d’un jeune braqueur dans une fusillade avec la police. La cité a connu plusieurs nuits de violences à l’origine du discours sur la sécurité prononcé dans la foulée par Nicolas Sarkozy. Yann Gallic a couvert les évènements de la Villeneuve pour France Inter. Deux mois et demi après, il est retourné dans ce quartier encore marqué par les incidents de cet été. Dans l’immense parc au cœur de la cité, les mères de famille se promènent paisiblement dans les allées boisées. Des écoliers jouent au basket avec leurs professeurs. La Villeneuve semble avoir retrouvé un peu de calme et de sérénité. Restent quelques détails pour nous rappeler la violence des évènements de juillet. Vitres brisées et murs calcinés, la salle de sport de Rachid Djellal a été incendiée cet été. Depuis 2003, ce lieu accueillait les sportifs et les jeunes du quartier. En une nuit, plus de 100 000 euros d’équipements sont partis en fumée. 7 ans d’efforts réduits à néant. Le 30 juillet, Nicolas Sarkozy était à Grenoble pour installer le nouveau préfet de l’Isère. Le président de la République avait alors promis une quarantaine de policiers supplémentaires d’ici le 1er septembre. Ces engagements ont-ils été tenus ? Pour l’instant, seuls 11 policiers sont arrivés en renfort à Grenoble. Pour le reste, il faudra attendre la fin de l’année. A la Villeneuve, la police nationale ne dispose plus que d’une petite antenne administrative. 18 policiers de l’Uteq, l’Unité territoriale de quartier, sont également déployés sur place. Des effectifs réduits pour une cité de 12 000 habitants. Daniel Chomette est le secrétaire départemental du syndicat Unité SGP Police. « La berceuse du ghetto », paroles et musique signé P38, l’un des groupes de rap les plus connus de la Villeneuve. Ici, la plupart des habitants regrettent la police de proximité supprimée en 2002. En attendant, les forces de l’ordre continuent à mener des opérations coup de poing dans le quartier. Et les relations avec les jeunes restent tendues. Même si la grande délinquance ne concerne qu’une minorité d’entre eux. Plus que la sécurité, ici la priorité, c’est l’emploi.A la Villeneuve, le chômage atteint 30% et touche 1 jeune sur 2. Ahmed Amar Mezar a 20 ans. Il enchaîne les petits boulots dans le bâtiment. Difficile de trouver un emploi stable quand on habite ici et que l’on porte un nom à consonance étrangère. Ses heures de liberté, Ahmed les consacre au rap. Dans ses textes, il évoque la vie dans la cité, la débrouille, les embrouilles et ses envies d’ailleurs. ### liens

Dossier complet consacré à la Villeneuve

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