Au lendemain de la mort de Jacques Chirac, la Corrèze semble sonnée. Quasiment partout, l'empreinte de Jacques Chirac, élu député dans le département dès 1967 et resté attaché à ce territoire jusqu'à sa mort, est présente.

Dans le musée qui porte son nom, à Sarran, une photo agrandie de Jacques Chirac orne désormais la façade
Dans le musée qui porte son nom, à Sarran, une photo agrandie de Jacques Chirac orne désormais la façade © AFP / Agnes GAUDIN

Ce jeudi, la Corrèze est groggy, sonnée : quasiment partout ici, il y a l'empreinte de Jacques Chirac. A Meymac, dans le restaurant des Bleus, on en a, des souvenirs plein la tête. "C'est un deuxième papa qui est mort : mon père est décédé l'année dernière, Chirac cette année", dit Françoise, très émue. "Il a bercé toute mon enfance : j'avais trois ans, ma mère recevait Chirac chez elle avec mon père, j'étais, paraît-il, sous la table, pour défaire les lacets des godasses des gens !"

Françoise et Monique dans le restaurant familial, où Jacques Chirac a dîné plusieurs fois
Françoise et Monique dans le restaurant familial, où Jacques Chirac a dîné plusieurs fois © Radio France / Cyril Graziani

Sa maman, Monique, arrive : "J'ai cuisiné pour Jacques Chirac", se souvient-elle. "Mon premier souvenir... j'habitais dans la grand-rue à Meymac, et nous avions eu la chance de trouver des alouettes que j'avais fourrées au foie gras et enveloppé dans de la pâte feuilleté. Il y en avait six par assiette. Quand nous avons débarrassé, il avait aligné six becs, mais rien d'autre !", raconte la cuisinière, qui se souvient aussi que c'est lui qui a lancé la mode de la tête de veau. 

A quelques kilomètres de là, à Ussel, Marc feuillette l'album photo de son père : la famille Fraysse possédait un hôtel où Jacques Chirac avait pris l'habitude de descendre, toujours dans la même chambre : "La 19, parce qu'elle était un peu plus grande que les autres et qu'il pouvait y recevoir du monde, s'il en avait envie". 

Proximité et simplicité

La présidente de la fondation Jacques-Chirac, Françoise Beziat, connaît Jacques Chirac depuis 1981. Elle raconte : "Une telle envergure avec une telle proximité, une telle simplicité, c'est quand même étonnant ! Je l'ai vu parler avec Rostropovich, avec des chefs d'État, avec des femmes de ménage, avec des policiers... C'est là où c'était un être exceptionnel". 

La Corrèze lui doit beaucoup, pour ne pas dire tout. Le sénateur Daniel Chassaing ne peut que le confirmer : "Il a créé mille emplois dans le domaine du handicap, il a essayé partout en Corrèze d'apporter des entreprises, et surtout il a lancé les autoroutes qui irriguent le département et se croisent à Brive".

Dans le musée qui porte son nom à Sarran, une photo agrandie de Jacques Chirac orne la façade depuis jeudi midi. Il sourit, adresse un geste de la main droite... Comme un dernier au revoir à la Corrèze qu’il aimait tant.

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