Un reportage signé Christian Chesnot Dans un an, en Irak, ce sera officiellement la fin de l'aventure militaire américaine. Les derniers GI's quitteront le pays et refermont la page des huit années de présence américaine controversée. Ils sont arrivés en Irak au printemps 2003, lors du renversement de Saddam Hussein. Aujourd'hui, le pays est convalescent, toujours en quête de stabilité et de reconstruction. Que se passera-t-il quand les Américains auront quitté l'Irak en 2011 ? C'était une promesse de campagne de Barak Obama. Fin décembre 2011, tous les GI's déployés en Irak seraient rentrés à la maison ou redéployés en Afghanistan. Il ne restera alors officiellement dans le pays que des conseillers militaires et la plus grande ambassade américaine au monde. A l'occasion du départ des troupes combattantes en août dernier, Barak Obama avait tenu à clore cette aventure controversée. Communiqué de Barack Obama Tourner la page pour prendre un nouveau départ, les Irakiens n'attendent que cela, à l'image d'Adnan Asfar, responsable d'un syndicat ouvrier. Témoignage d'Adnan Asfar En quittant l'Irak, les Américains laissent derrière eux un pays traumatisé et divisé, mais surtout bien loin d'être reconstruit malgré les miliards de dollars engloutis. L'Irak produit 6000 mégawatts d'électricité par jour, alors que les besoins sont estimés à 10 000 mégawatts. A Bagdad, les coupures de courant sont quotidiennes, l'eau potable est rare, l'assainissement quasi inexistant. Dans les zones rurales, c'est encore pire. La plupart des Irakiens vivent d'expédients, constate Layal Houraniyeh, porte-parole du CICR à Bagdad. Témoignage de Layal Houraniyeh Une fuite des cerveaux liée à une sécurité encore précaire, la violence même en baisse, empoisonne toujours la vie quotidienne des Irakiens. Si la reconstruction de l'armée avance, celle de la police pose toujours problème. Sa loyauté vis-à-vis des autorités et son efficacité sur le terrain sont toujours suspectes aux yeux de la population, explique Pascale Warda, ancienne ministre de l'Immigration et des Déplacés. Témoignage de Pascale Warda 2011 sera une année décisive pour l'Irak, qui devra apprendre à vivre sans la présence de l'armée américaine et imaginer un futur semé d'embuches où plusieurs options sont encore possibles, estime Peter Harling de l'International Crisis Group. Témoignage de Peter Harling

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