La base militaire américaine de Guantanamo, légalement établie au sud-ouest de Cuba, a accueilli des milliers de réfugiés haïtiens ou cubains dans les années 90. Depuis février 2002, elle abrite le camp de détention des « ennemis combattants », ceux qui sont soupçonnés d’appartenir à Al Qaïda. On a pu voir des images de prisonniers, à genoux, en combinaison orange, à l’évidence maltraités. Qu'en est-il aujourd'hui ? Ces images ne sont plus vraies. Le fameux camp, avec des cellules en grillages n’existe plus. Il s’agissait du premier camp, le camp X ray, abandonné après 3 mois d’utilisation. Guantanamo, est constitué aujourd’hui de 5 camps, occupés par 490 détenus, répartis selon leur docilité et l’intérêt qu’ils représentent. Visite un peu irréelle, avec le commandant de la détention, une militaire de 42 ans, officier de l’US Navy, très fière de montrer à quel point l’armée américaine a rationnalisé la surveillance des détenus. C’est le commandant Catie Hanft (interview). Alors, on sait surtout que Guantanamo sert à l'administration Bush pour lutter contre le terrorisme. Les Américains ont-ils considéré que la fin justifie parfois tous les moyens ? En fait, les abus remontent, semble t-il, aux 2 premières années de fonctionnement du camp. Le grand patron d’alors s’appelait le Général Geoffrey Miller. Après Guantanamo, il avait été envoyé à Abu Graib, la prison de Bagdad, où il a importé ses techniques d’interrogatoires révoltantes et bien connues. Néanmoins, voici ce qui se passait à Guantanamo, il y a environ 4 ans, lorsque Omar Kader est arrivé à l’âge de 16 ans. Il a tué un médecin militaire en Afghanistan. Son avocat, Rick Wilson, raconte son histoire (interview). Tout indique que, depuis l’arrivée, il y a 2 ans, du genéral Jay Hood, ce type d'humiliation ou de cruauté, ou de torture semble avoir cessé. A présent, les interrogateurs opèrent de façon plus subtile. Le Général Hood assure que les renseignements recueillis ont permis d’éviter d’autres attentats en Europe. Mais, 4 ans après leur arrivée, ces prisonniers ont-ils encore une réelle valeur, et d’abord, ils seraient assez peu à avoir appartenu à Al Qaïda ? Une question qui agace le Général Hood au plus haut point (interview). On peut néanmoins s’interroger sur l’avenir d’une telle prison, si critiquée, aussi bien aux Etats-Unis qu’à l’extérieur ? Même les militaires américains se demandent parfois s’il faur violer pour autant la législation internationale ? Ni camp de prisonnier de guerre, ni prison, la situation à Guantanamo est bloquée. En 4 ans, 260 prisonniers ont été relâchés. Sans savoir pourquoi ; 490 restent là, sans perspective : Ni jugement, ni sortie possible. Certains ont donc observé une grève de la faim, il y a 8 mois. On les a alors alimentés de force. Les critiques continuent et le pouvoir politique ne veut pas entendre parler de fermeture. Ken Weinstein, est un polititologue conservateur voilà ce qu’il pense des critiques de l’illégalité de Guantanamo (interview). Un dossier de Marc Crépin, en direct de Washington aux Etats-Unis.

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