Tous les syndicats appellent à faire grève ou à manifester demain pour demander une « relance sociale » face à la crise. Une crise qui touche en premier le secteur de l'automobile. Sur le site de Faurécia à Brières les Scellés près d'Etampes au sud de Paris, la mobilisation se prépare. Les syndicats ont affrété des cars pour venir à Paris. L'équipementier automobile a annoncé en décembre 1 200 suppressions d'emplois en France, 400 ici en Essonne, où la dernière ligne de production de sièges de voitures a déjà fermé il y a deux ans. Il reste 1200 techniciens et ingénieurs pour la recherche et le développement. Il y a quelques jours, des militants CGT distribuaient des tracts à l'entrée (interview). Beaucoup de salariés pensent que le site est, à terme, condamné. Ce matin François Chérèque, le secrétaire général de la CFDT, va rencontrer ces salariés de Faurécia, des salariés qui s'interrogent sur les retombées pour eux des aides à l'automobile promises par le gouvernement. Le plan doit être annoncé la semaine prochaine. Faurécia et son actionnaire principal, PSA, devraient donc changer d'attitude estime Emmanuel Pioche, délégué CFDT (interview). Chez Faurécia, on explique qu'on ne sait pas encore si l'entreprise va toucher des aides. On précise que la partie strictement recherche ne sera pas touchée mais que les suppressions de postes concernent les ateliers où l'on finalise les projets commandés par les constructeurs, des commandes dont le nombre a été divisé par 4. Un peu plus loin, près de la nationale 20, le centre d'essais pour les nouveaux modèles Renault de Lardy avec 1 800 techniciens et ingénieurs. Les salariés s'inquiètent du plan de départs volontaires lancé par Renault et Bernard Bachetta, secrétaire général de la CGT, explique que de nombreux prestataires ont déjà perdu leur travail (interview). Trois cars ont été affrétés en intersyndicale pour aller défiler à Paris demain. C'est une première pour ces blouses blanches. En Essonne, la CGT annonce 100 000 grévistes dans le public et le privé, un salarié sur 4. Ce serait plus fort que pendant le mouvement contre le CPE. Un reportage de Sara Ghibaudo.

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